Le gouvernement britannique a défendu mardi sa décision de transférer la souveraineté des îles Chagos à l’île Maurice, après de vives critiques du président américain Donald Trump. Un projet pourtant soutenu jusqu’ici par l’administration américaine.
Maurice : Trump vilipende l'accord sur les Chagos, le Royaume Uni se justifie
Donald Trump a qualifié cette décision « d’acte de grande stupidité », estimant que Londres s’apprêtait à céder un territoire stratégique de l’océan Indien abritant une base militaire américaine essentielle, sur l’île de Diego Garcia. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, il a dénoncé ce qu’il considère comme un signe de faiblesse, affirmant que la Chine et la Russie pourraient en tirer profit.
Le président américain a également fait le lien avec sa volonté de prendre le contrôle du Groenland, invoquant des impératifs de sécurité nationale.
En mai dernier, le Royaume-Uni et Maurice ont signé un accord prévoyant le transfert de souveraineté des îles Chagos à Port-Louis. Londres conservera toutefois l’usage de Diego Garcia en la louant pour au moins 99 ans, afin de maintenir la base militaire conjointe avec les États-Unis.
À l’époque, Washington avait salué l’accord, estimant qu’il garantissait la stabilité et le fonctionnement à long terme de cette installation stratégique. Mardi, le ministre britannique Darren Jones a assuré que l’accord permettrait de sécuriser la base pour « les cent prochaines années ».
Mais au Royaume-Uni, plusieurs partis d’opposition dénoncent un risque pour la sécurité nationale et craignent un renforcement de l’influence chinoise dans la région.
La base de Diego Garcia, qui accueille environ 2 500 militaires, en majorité américains, est considérée par les États-Unis comme un élément clé de leurs opérations de sécurité au Moyen-Orient, en Asie du Sud et en Afrique de l’Est.