Somalie : Mogadiscio face à la menace persistante d’Al-Shabab

Soldats de l'Armée nationale somalienne (ANS) sur la ligne de front à Sabiid Canole, en Somalie, le mardi 11 novembre 2025.   -  
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À Mogadiscio, la vigilance est permanente. Dans les rues de la capitale somalienne, la première ligne de défense contre les attaques militantes repose sur un dispositif visible : des pick-up armés, des postes de contrôle improvisés et de jeunes hommes en civil chargés de filtrer les accès. Une sécurité omniprésente, reflet d’une menace toujours bien réelle.

Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, le président Hassan Sheikh Mohamud a lancé une offensive d’envergure contre le groupe islamiste Al-Shabab, affilié à Al-Qaïda. Objectif : affaiblir militairement les combattants, assécher leurs finances et réduire leur influence au sein de la population. Un défi de taille dans un pays privé d’État central stable depuis plus de trente ans, après la chute du régime de Siad Barre.

À Mogadiscio, les autorités affirment avoir renforcé la prévention des attaques grâce au renseignement. L’Agence nationale de renseignement et de sécurité est désormais au cœur du dispositif, épaulée par les forces de maintien de la paix de l’Union africaine et des partenaires étrangers, dont la Turquie et l’Égypte.

Si les attaques majeures se sont raréfiées ces derniers mois dans la capitale, la menace n’a pas disparu. La dernière opération d’envergure d’Al-Shabab remonte à août 2024, lorsqu’un attentat sur la plage du Lido a fait des dizaines de morts. Le groupe continue de privilégier les voitures piégées et les engins explosifs improvisés, ciblant hôtels, bâtiments officiels et lieux fréquentés par les responsables gouvernementaux.

La présidence et les ambassades sont désormais regroupées dans une zone ultra-sécurisée près de l’aéroport, protégée par des barrières de béton. Sous la pression militaire et les frappes aériennes ponctuelles des États-Unis, Al-Shabab s’est replié vers le sud et le centre du pays, notamment dans la région stratégique du Bas-Shabelle.

Là-bas, les combats se poursuivent. Des villes comme Bariire ont changé plusieurs fois de mains, provoquant déplacements de population et destructions massives. La reprise de ces territoires est considérée comme essentielle pour protéger Mogadiscio, véritable cœur politique et économique du pays.

Malgré ce climat tendu, la capitale montre des signes de résilience. Chantiers de construction, cafés animés et lumières nocturnes témoignent d’un fragile retour à la vie. Une normalité encore précaire, suspendue à l’issue d’un conflit qui continue de façonner le quotidien des habitants de Mogadiscio.

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