Tanzanie : la tombe d'un albinos profanée et son corps emporté

La police tanzanienne a annoncé vendredi avoir ouvert une enquête après la profanation de la tombe d’un albinos, dont le corps a été emporté. Un crime attribué à des croyances superstitieuses.

Mort en 2012, Andusamile Mwalwebe Kanjanja avait été inhumé dans une tombe faite de ciment et de briques cuites, dans son village de Ngonga, dans la région de Mbeya (sud), selon un communiqué de la police.

“La police de la région de Mbeya recherche les personnes qui ont ouvert la tombe et emporté les ossements du regretté”, a-t-elle indiqué dans un communiqué, précisant que l’incident a eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi.

Attribuant ces faits à “des croyances superstitieuses”, la police a expliqué que les auteurs “ont d’abord creusé un grand trou à côté de la tombe en briques et ciment, avant de défoncer une partie du cercueil pour ensuite récupérer et emporter le squelette”.

Nouvelle forme de criminalité envers les albinos

En Tanzanie et dans d’autres pays d’Afrique sub-saharienne, les membres d’albinos sont vendus pour des pratiques occultes censées apporter richesse et pouvoir.

Selon les organisations tanzaniennes des droits de l’homme, les attaques visant les albinos sont en nette diminution, cédant la place à une nouvelle forme de criminalité consistant à exhumer de leurs tombes les corps de ces personnes.

Plusieurs cas de profanation de tombes d’albinos ont ainsi été signalés depuis 2016 dans différentes régions du pays.

Lors d’un séminaire en juin 2017 sur la situation des albinos, le parquet général tanzanien avait indiqué qu’au moins une trentaine de personnes avaient été condamnées pour le meurtre d’albinos entre 2006 et 2016. Par ailleurs, 67 affaires de meurtres d’albinos étaient encore en cours devant les tribunaux du pays.

L’albinisme est une affection génétique héréditaire qui cause une absence totale de pigmentation de la peau, des cheveux et des yeux.

Des albinos malawites en quête de justice

De nombreux albinos africains victimes de crimes rituels déplorent la lenteur des procédures judiciaires.

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AFP

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