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Journée mondiale de l'alimentation : l'avenir alimentaire de l'Afrique en danger

Journée mondiale de l'alimentation : l'avenir alimentaire de l'Afrique en danger

Afrique

Sécheresse, conflits armés, gouvernance…. L’agriculture africaine est bien malade de plusieurs maux. État des lieux en cette journée mondiale de l’alimentation placée sous le thème « Agir pour l’avenir ».

L’Humanité célèbre ce 16 octobre la 38è journée mondiale de l’alimentation. Une édition que l’Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation (FAO) a placée sous le thème « Agir pour l’Avenir ».

Pour l’Afrique, l’avenir semble compromis. En raison bien entendu des ravages causés par la famine. Au Burkina Faso par exemple, plus de 2 millions de personnes sont menacées par la famine, comme le révélait en mai dernier le ministre de l’Agriculture malgré les 81 milliards de francs CFA (environ 144 millions de dollars) pour faire face à la famine.

Dans son rapport 2017 sur l’insécurité alimentaire en Afrique, la FAO révélait en février dernier que près de 224 millions de personnes souffrent de faim à travers le continent. Soit 22,7 % de la population totale du continent. Ce chiffre représente aussi 25 % des 821 millions de personnes souffrant de faim dans toute la planète.

« Le continent rencontre des difficultés en matière de sécurité alimentaire », résumait Kwami Dzifanu-Nyarko-Badohu, secrétaire de la Conférence régionale de la FAO pour l’Afrique.

Si l’organisation évoque des facteurs naturels comme la sècheresse, les chenilles légionnaires et des invasions d’oiseaux granivores (qui se nourrissent de grains), les facteurs humains ne sauraient être ignorés. Le cas des conflits qui consument des pays comme le Soudan du Sud et la RDC.

Six millions de Sud-Soudanais ont faim

Lors de la conférence des donateurs en mai dernier, l’ONU tirait sur la sonnette d’alarme en parlant de 2 millions d’enfants menacés de malnutrition en RDC (Kasaï et provinces de l’est) du fait des conflits armés ayant provoqué les déplacements de près de 4 millions de personnes.

Mais, il y a bien pire. En février, l’ONU et le gouvernement sud-soudanais parlaient de 6 millions de personnes menacées par la famine au Soudan du Sud théâtre d’une guerre civile depuis 2013, deux ans après l’indépendance.

Le facteur humain, c’est aussi et surtout la gouvernance. Et c’est là tout le problème de l’Afrique. Un continent où selon des observateurs, la plupart des gouvernements relèguent au second plan l’agriculture au profit des secteurs comme la défense et la sécurité des dirigeants, alors que certains pays ne sont même pas en guerre ni contre un quelconque État voisin, ni contre quelque rébellion.

Ces pays qui, en dépit de leurs potentialités naturelles propices à l’agriculture semblent se délecter dans leur posture d’assistés en parcourant le monde à la recherche de quelque mère Térésa prête à leur donner du pain à titre gracieux. Ce sont aussi ces pays qui inondent les artères de leurs villes par des panneaux géants avec des messages pompeux et prétentieux du genre : « Agriculture, priorité des priorités ».

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