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Journée mondiale de l'alimentation : au Congo, des enfants préparent leur avenir alimentaire

Journée mondiale de l'alimentation : au Congo, des enfants préparent leur avenir alimentaire

Congo

À Pointe-Noire au Congo, un agriculteur initie des enfants aux techniques culturales élémentaires. En à peine deux ans, ces enfants prennent déjà des initiatives agricoles. Un résultat encourageant quasiment conforme aux idéaux de la FAO qui a placé la 38è journée mondiale de l’alimentation célébrée ce 16 octobre sous le thème « Agir pour l’Avenir ».

Un sillon d‘à peine 1,5 mètre. Le potager a beau être petit, le luxuriant épinard qui y pousse au gré du vent de la rivière Songolo, a pourtant nourri toute la saison sèche écoulée (juin à septembre) toute la maisonnée d’André Ngoma. À la grande satisfaction de Chanelvie Kengué, 8 ans, qui a créé le petit jardin. « C’est difficile de dire jusqu‘à quel point, je me sens heureuse lorsque je vois le fruit de mon travail », se félicite Chanelvie.

Une satisfaction partagée par ses parents. « Grâce à elle, ma femme a pu économiser un peu d’argent qu’elle aurait dépensé pour l’achat de l‘épinard. Mais, il n’y a pas que l‘épinard. Chanelvie nous a également produit du gombo. En tout cas, je suis content d’elle », explique André Ngoma.

C'est pépé jardin qui m'a appris ça

Préparer les enfants à l’esprit d’initiative

Comme la dizaine d’autres enfants (6 à 10 ans) de cette partie du quartier Songolo dans l’arrondissement 4 Loandjili de la capitale économique congolaise, Chanelvie a appris des techniques culturales élémentaires auprès de celui qu’elle et ses collègues appellent « pépé jardin ». « C’est pépé jardin qui nous apprend à former des sillons, à semer et à arroser », indique Junior Tchibinda, 7 ans.

Ces deux dernières années, Crépin Télinganou réunit en week-end et surtout pendant les grandes vacances scolaires, des enfants de son quartier pour leur apprendre des techniques du maraîchage.

Pour cet agronome, la cinquantaine révolue, beaucoup d’enfants des villes du Congo se montrent désintéressés aux métiers d’agriculture. « Dans nos villes, la terre est aussi fertile que dans les campagnes. Malheureusement, les citadins ne pratiquent pas l’agriculture. On ne pense qu’aux secteurs fructueux comme le pétrole », déplore Crépin.

Un désintéressement dont la principale conséquence est telle que près de 80 % de produits agricoles consommés dans les villes proviennent de la campagne. « La bonne santé économique d’un peuple commence par sa capacité à produire soi-même ce qu’il mange. Or, tant que nous importerons nos produits alimentaires, la vie sera toujours chère en ville », constate Crépin.

Comme voulu par la FAO

Il nourrit alors l’ambition de faire aimer l’agriculture aux enfants d’aujourd’hui afin d‘épargner les générations futures de la dépendance alimentaire en ville. « Mon principal idéal, c’est de faire aimer l’agriculture dès le bas âge aux enfants de la ville pour qu’ils ne souffrent pas un jour de la dépendance alimentaire comme leurs parents aujourd’hui ».

Un rêve en phase avec la philosophie du « fiat panis » (pain pour tous) de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Laquelle a placé la 38è journée mondiale de l’alimentation célébrée ce 16 octobre sous le thème « Agir pour l’avenir ».

Une philosophie à laquelle adhèrent des parents. « C’est une manière optimale de préparer nos enfants à l’esprit d’initiative surtout que beaucoup de Congolais entretiennent encore le mythe de la fonction publique. Voilà pourquoi j’accepte volontiers que mon enfant aille à l‘école de M. Crépin. Malheureusement, on n’arrive pas à le rémunérer », déplore Habib Tchibinda, enseignant, père de Junior.

Et la rémunération semble être le cadet des soucis de Crépin Télinganou. L’essentiel, dit-il, c’est de « constater que des enfants qui sont ma cible pour cette initiative adhèrent au projet ».

Fort de ces résultats presque encourageants, Crépin entend mener des campagnes de formation dans d’autres quartiers et écoles ainsi que d’autres villes congolaises comme Brazzaville, Dolisie ou Nkayi.

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