Au Sénégal, le projet de loi de finance rectificative est la victime collatérale des divergences entre le pouvoir et l’opposition.
Sénégal : quel avenir politique après le rejet du budget rectificatif ?
Le ministre sénégalais des Finances avait, dans un communiqué, dénoncé le rejet du texte dans un contexte de marge de manœuvre très restreinte, de difficultés d'accès aux marchés financiers et de « négociations en cours » avec le Fonds monétaire international (FMI).
De son côté, le Pastef, majoritaire à l’Assemblée nationale, reproche au gouvernement le maintien de crédits de paiement et réclame la sincérité budgétaire.
« Nous n’avons pas pu parvenir à un compromis avec l’exécutif. Le principal point de désaccord concerne la fiabilité du budget. Nous avons répété à maintes reprises au gouvernement que la manière dont le projet de loi de finances est présenté nous pose problème, en particulier le maintien de crédits de paiement qui ne peuvent en réalité pas être exécutés et qui pèsent sur le déficit. Le déficit pourrait être ramené à 6 % au lieu de 7 %, puis à 3 % l’année prochaine. Mais le gouvernement a tenu à maintenir ses hypothèses et a refusé de fournir les documents, notamment le rapport d’exécution budgétaire de septembre 2026 et d’autres documents pertinents », a déclaré Amadou Bâ, député du parti majoritaire Pastef.
Abdou Mbow, porte-parole de l’Alliance pour la République condamne l'attitude du parti majoritaire à l'Assemblée.
« Ils se livrent à des manœuvres politiques, car lorsqu’on propose de rejeter un projet de loi de finance rectificative, il faut déposer des amendements, il faut présenter des propositions alternatives, mais ils n’ont pas présenté un seul amendement, ils n’ont présenté aucun plan alternatif. Ces querelles mesquines ne sont donc que des querelles politiques. C’est ce qu’ils font aujourd’hui. Ils se livrent à de l’obstruction… Entre Ousmane Sonko et Diomaye, tout le monde le sait. »
En septembre, le Sénégal avait annoncé avoir conclu un programme de désendettement de 2,2 milliards de dollars avec le FMI visant à stabiliser ses finances publiques.
Toutefois, le FMI n'a pas encore annoncé l'approbation de son conseil d'administration et le plan de sauvetage est soumis à certaines conditions.