Dans un township à la périphérie de Johannesburg, de gros câbles électriques longent les chemins poussiéreux. Depuis plus de vingt ans, environ 180 foyers dépendent de raccordements illégaux pour avoir accès à l’électricité.
Afrique du Sud : « Pas d’électricité, pas de vote », la colère des townships vise l’ANC
Face à l’incapacité des autorités à les connecter officiellement au réseau, certains habitants ont décidé de sanctionner les responsables locaux lors des élections municipales du 4 novembre. Leur message est clair : pas d’électricité, pas de vote.
« Nous avons pris une décision collective », expliquent des responsables communautaires de Katlehong, dénonçant des années d’attente et de promesses non tenues. Pour ces habitants, l’absence de services publics essentiels symbolise l’abandon des quartiers populaires par les autorités.
La colère ne se limite pas à l’accès à l’électricité. Dans plusieurs municipalités dirigées par le Congrès national africain (ANC), les habitants dénoncent également les coupures d’eau, la collecte irrégulière des déchets, les infrastructures dégradées et la mauvaise gestion.
Un désenchantement qui fragilise l’ancien parti de Nelson Mandela. Après avoir dominé la vie politique sud-africaine pendant des décennies, l’ANC a vu son soutien électoral diminuer progressivement. Lors des élections nationales de 2024, le parti est passé sous la barre des 50 % des voix, l’obligeant à former un gouvernement de coalition.
À Johannesburg, principal enjeu du scrutin municipal, la bataille s’annonce particulièrement serrée. La capitale économique sud-africaine concentre de fortes inégalités : à quelques kilomètres des quartiers d’affaires modernes, certains townships restent confrontés au manque de services de base.
Pour les habitants mécontents, ces élections représentent une occasion d’exprimer leur frustration. Pour l’ANC, elles constituent un nouveau test de sa capacité à conserver le soutien des communautés populaires qui ont longtemps constitué son principal électorat.