L’Égypte se dit prête à soutenir militairement l’Arabie saoudite si celle-ci en fait la demande, mais exclut toute offensive contre le Yémen. C’est le message défendu mercredi 21 octobre par le président Abdel Fattah al-Sissi, lors du Forum Égypte 2026.
L’Égypte prête à soutenir l'Arabie saoudite sans attaquer le Yémen
"Nous parlons de défendre le territoire et les frontières du Royaume", a déclaré le président al-Sissi, en réponse aux spéculations sur une éventuelle intervention égyptienne contre les Houthis.
"Nous n’avons jamais coopéré dans le but de mener des combats au-delà de nos frontières", a-t-il ajouté, précisant que l’Égypte entendait également protéger le territoire de tout autre pays arabe qui solliciterait son aide.
Le chef de l’État a par ailleurs insisté sur la nécessité de préserver la stabilité régionale. "La situation ne peut pas supporter davantage d’instabilité dans d’autres pays. Nous voulons contribuer à rétablir la stabilité dans les pays qui l’ont perdue", a-t-il déclaré, en évoquant notamment le Soudan, la Libye et la Somalie.
Le Parlement doit encore autoriser un éventuel soutien militaire
Samedi 17 octobre, Abdel Fattah al-Sissi a demandé au Parlement égyptien l’autorisation d’apporter un soutien militaire à l’Arabie saoudite si Riyad en faisait la demande.
Après plusieurs séances, les députés ont reporté leur décision au 26 octobre. Certains élus ont réclamé davantage de précisions sur les objectifs, la durée et le coût d’une éventuelle mission, ainsi que sur les risques encourus par les soldats égyptiens.
Une intervention directe reste sensible dans le pays le plus peuplé du monde arabe. Dans les années 1960, l’Égypte de Gamal Abdel Nasser avait engagé des milliers de soldats dans la guerre civile au Yémen du Nord. Cette campagne militaire meurtrière a durablement marqué les esprits et a été comparée par la suite à la guerre du Vietnam menée par les États-Unis.
Le Caire avait pourtant rejoint la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen en 2015, en fournissant notamment des forces navales et aériennes et en déployant des navires de guerre en mer Rouge et dans le détroit de Bab el-Mandeb.
Dans ce contexte de tensions régionales, une délégation égyptienne de haut niveau s’est rendue à Riyad mercredi 21 octobre.
Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, et le chef des services de renseignement, Hassan Rashad, ont rencontré le prince héritier Mohammed ben Salmane. À cette occasion, Badr Abdelatty lui a remis un message écrit du président Sissi destiné au roi Salmane.
Selon les autorités égyptiennes, ce message portait notamment sur le renforcement des relations bilatérales et réaffirmait la solidarité du Caire avec le royaume saoudien. Les deux parties ont également discuté de l’évolution de la situation régionale et de la coordination de leurs efforts.