Premier décès lié à Ebola au Kenya : les autorités veulent éviter une propagation du virus

Des professionnels de santé et des responsables se tiennent devant un centre d'isolement dédié au virus Ebola à l'hôpital de Nairobi, au Kenya, ce mercredi 7 octobre 2026.   -  
Copyright © africanews
Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved

Le Kenya fait face à son premier décès lié au virus Ebola depuis l’apparition de la maladie. Les autorités sanitaires tentent désormais de contenir tout risque de propagation après la mort d’un homme de 40 ans revenu de République démocratique du Congo (RDC), où sévit actuellement une importante épidémie.

Selon le ministre kényan de la Santé, Aden Duale, cet homme d’affaires vivait en RDC, où il avait commencé à présenter des symptômes il y a environ un mois. Après avoir reçu des soins sur place, il a quitté le pays par la route jusqu’à Kampala, en Ouganda, avant d’embarquer sur un vol à destination de Nairobi le 3 octobre.

À son arrivée au Kenya, son état de santé s’est rapidement détérioré. Souffrant notamment de fièvre, de frissons, d’une fatigue intense, de douleurs musculaires et de difficultés à avaler, il a été admis dans un hôpital de Nairobi où les analyses ont confirmé son infection par le virus Ebola. Il est décédé dans la nuit de lundi à mardi.

Malgré ce premier décès, le gouvernement insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une transmission locale. « À l’échelle nationale, nous n’avons toujours pas de foyer épidémique. Ce que nous avons, c'est un cas importé d'un autre pays, après un trajet de 3 000 kilomètres par avion et par la route », a déclaré Mary Muthoni, secrétaire principale chargée de la santé publique et des normes professionnelles.

Les autorités sanitaires ont immédiatement déclenché leur dispositif de riposte. Vingt-huit personnes ayant été en contact avec le défunt, dont des proches et des professionnels de santé, ont été identifiées et placées sous surveillance. Aucun cas positif n'a été détecté parmi elles à ce stade. Les recherches se poursuivent également pour retrouver 23 passagers et quatre membres d’équipage ayant voyagé sur le même vol que la victime.

Le gouvernement entend également renforcer les contrôles aux frontières et dans les aéroports. « Nous tenons à renforcer les mesures de sécurité autour des points d’entrée et à veiller à ce que la surveillance et le dépistage soient effectués », a affirmé Mary Muthoni, rappelant l’importance d’empêcher toute nouvelle importation du virus.

Les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique) ont annoncé l’envoi d’une équipe d’experts au Kenya pour appuyer les autorités nationales. Leur directeur général, Jean Kaseya, doit également se rendre sur place dans les prochains jours.

Pour le Dr Wessam Mankoula, responsable de la préparation et de la réponse aux urgences au CDC Afrique, la priorité absolue est désormais le traçage des contacts. Selon lui, identifier rapidement toutes les personnes ayant été exposées au malade est essentiel pour empêcher toute transmission secondaire. Il appelle les personnes concernées à se signaler sans délai auprès du ministère de la Santé afin de faciliter les investigations sanitaires.

Cette première apparition du virus au Kenya intervient alors que la RDC lutte depuis mai contre sa 17ᵉ épidémie d’Ebola. Au 2 octobre, l'Organisation mondiale de la Santé recensait 8 463 cas et 4 082 décès liés à la souche Bundibugyo, contre laquelle il n'existe toujours ni vaccin homologué ni traitement spécifique. L’épidémie, initialement concentrée dans la province de l’Ituri, s’est étendue à plusieurs provinces du nord et de l’est du pays, dans un contexte marqué par les conflits armés et les difficultés d’accès aux soins.

Face à cette situation régionale, les autorités kényanes multiplient les appels au calme. Elles assurent que tous les protocoles de surveillance, de quarantaine et d’inhumation sécurisée sont activés afin d'éviter que ce premier cas importé ne se transforme en foyer de transmission sur le territoire national.

À découvrir également

Voir sur Africanews
>