La propagation d’Ebola dans le Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, est désormais « hors de contrôle », selon Médecins Sans Frontières.
RDC : MSF s'alarme d'une propagation "hors de contrôle" d'Ebola dans le Nord-Kivu
À Butembo, l’une des principales villes de la province, la coordinatrice du centre de traitement Ebola de MSF, Stéphanie Hoffmann, affirme que la plupart des nouveaux cas sont liés à des chaînes de transmission encore inconnues. Selon elle, 75 % des décès liés à Ebola surviennent au sein des communautés, chez des personnes qui ne passent jamais par les centres de traitement ou de transit.
« Ces cas confirmés qui décèdent à domicile sont pris en charge par leur famille ou leurs amis, et c’est ainsi que la maladie continue de se propager », explique Stéphanie Hoffmann.
L’épidémie actuelle a commencé en Ituri, au nord du Nord-Kivu. Elle s’y est propagée pendant plusieurs mois avant d’être détectée. Lorsque les autorités ont officiellement annoncé l’épidémie en mai, des dizaines de personnes étaient déjà mortes. Depuis, le nombre de nouveaux cas a diminué en Ituri. Mais la situation se dégrade dans le Nord-Kivu. Selon MSF, la province représente désormais 40 % des nouveaux cas confirmés dans le pays, tandis que de nouveaux foyers continuent d’apparaître.
« Les gens ont peur de demander de l’aide. Ils ont peur d’admettre, devant eux-mêmes et au sein de leur communauté, qu’ils pourraient être atteints de cette maladie », souligne Stéphanie Hoffmann.
Cette résistance de la population n’est pas nouvelle. Lors de l’épidémie de 2018 à 2020 dans le Nord-Kivu, les équipes médicales avaient déjà été confrontées à de fortes tensions.
La semaine dernière, un homme politique de Butembo a été tué quelques heures seulement après avoir participé à une émission de radio locale consacrée à la sensibilisation aux mesures de prévention contre Ebola. La hausse des cas met également sous pression les centres de santé ordinaires. Beaucoup de patients préfèrent s’y rendre plutôt que dans les centres spécialisés Ebola, par crainte de la maladie et de la stigmatisation qui les entoure. L’épidémie actuelle est provoquée par le virus Ebola de type Bundibugyo.
Selon l’OMS, il s’agit de l’épidémie d’Ebola qui se propage le plus rapidement jamais enregistrée et elle pourrait dépasser, en nombre de victimes, l’épidémie de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest, qui avait fait environ 11 000 morts.