RDC : l’espoir d’un traitement préventif contre Ebola

Images d'illustration - Agent de santé dans un centre de traitement d’Ebola à Butembo, en RDC, le 30 septembre 2026. (AP Photo/Sebastien Kitsa Musayi)   -  
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En République démocratique du Congo, plus de 250 personnes exposées au virus Ebola participent à un essai clinique destiné à déterminer si un traitement expérimental peut empêcher l’apparition de la maladie.

L’étude est menée à Rwampara, dans la province de l’Ituri, épicentre de l’épidémie provoquée par le virus Bundibugyo.

Lancé en juillet, l’essai EBO-PEP repose sur le principe de la prophylaxie post-exposition (PEP). Le traitement antiviral expérimental est administré à des personnes récemment en contact avec un cas confirmé, dans l’espoir d’empêcher le virus de provoquer la maladie. Près de 1 000 adultes et adolescents de plus de 12 ans doivent à terme être recrutés. Les participants sont suivis quotidiennement pendant 21 jours, puis jusqu’au 42e jour.

Pour certains participants, la décision de rejoindre l’essai est directement liée à la perte d’un proche. Une participante, qui a demandé à rester anonyme, raconte avoir été incitée à participer après le décès de son oncle, testé positif à Ebola.

"Ce qui m’a poussé à participer, c’est le décès de mon oncle. Quand il est mort, les résultats étaient positifs pour Ebola. Comme j’étais un cas contact, cela m’a incité à venir ici", témoigne-t-elle.

Une autre participante explique, elle aussi sous couvert d’anonymat, avoir rejoint l’essai après avoir constaté les conséquences de la maladie dans son entourage. Elle dit avoir vu des familles entières touchées lorsqu’un cas était détecté.

"Lorsque j’ai rejoint cet essai EBO-PEP, j’ai constaté qu’aucun membre de la famille n’avait contracté cette maladie. Autrement dit, ces traitements agissent de manière très positive sur notre organisme", affirme-t-elle.

Au centre d’essai, certains participants ont toutefois abandonné le protocole. Malgré ces difficultés, Jacques Zawadi, médecin investigateur travaillant avec l'organisation médicale humanitaire, ALIMA, estime que ceux qui poursuivent l’étude sont globalement satisfaits de leur participation.

"Le sentiment général des participants est la satisfaction, car cela donne de l’espoir. Identifier un médicament, traiter une maladie pour laquelle il n’existe pas de traitement, cela donne de l’espoir", explique-t-il. "La plupart des participants sont heureux d’être avec nous et de pouvoir bénéficier de ce traitement, même s’il s’agit encore d’un essai clinique."

L’enjeu est d’autant plus important que le virus Bundibugyo ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni traitement spécifiquement approuvé. Le vaccin Ervebo, utilisé lors de précédentes épidémies provoquées par une autre espèce du virus Ebola, est néanmoins administré aux professionnels de santé en première ligne. Son niveau de protection contre le virus Bundibugyo reste à l’étude.

L’épidémie congolaise a franchi un nouveau seuil cette semaine. Selon les dernières données officielles publiées le 2 octobre, 4 018 décès ont été recensés pour 8 300 cas confirmés, soit un taux de létalité de 48,4 %. Plus de 2 000 personnes ont par ailleurs guéri. L’épidémie, détectée en mai en Ituri, s’est désormais étendue à sept provinces du nord et de l’est du pays.

La riposte sanitaire reste particulièrement difficile dans plusieurs zones touchées. Les violences, les déplacements de population et les difficultés d’accès aux structures de santé compliquent notamment la surveillance des cas et le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades. L’OMS souligne que ces contraintes entravent les opérations de surveillance, de recherche des cas et de traçage des contacts.

L’ampleur de l’épidémie fait désormais craindre qu’elle ne dépasse le bilan de celle qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, la plus meurtrière jamais enregistrée jusqu’à présent, avec plus de 11 000 morts.

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