Le Burkina Faso a inauguré sa première raffinerie d’or, une étape majeure dans la stratégie des autorités visant à mieux contrôler et valoriser l’une des principales richesses du pays. Avec plus de 94 tonnes produites en 2025, le pays est le troisième producteur d’or du continent africain, selon le World Gold Council.
Burkina Faso : première raffinerie d’or pour renforcer la souveraineté économique
La nouvelle raffinerie, baptisée RAFFINOR-BF, a été inaugurée à Ouagadougou par le capitaine Ibrahim Traoré. Construite depuis 2023, elle dispose d’une capacité initiale de raffinage de 164 tonnes par an, avec un objectif de 515 tonnes à long terme. Le projet, d’un coût de 11 milliards de francs CFA (environ 19 millions de dollars), a été financé par l’État burkinabè en partenariat avec des investisseurs privés nationaux.
Pour le chef de la junte, cette infrastructure symbolise la volonté du Burkina Faso de ne plus se limiter à l’exportation de matières premières. « Notre ambition n'est plus d'être un pays qui extrait simplement ses ressources et les expédie à l'étranger. Nous voulons raffiner tous nos métaux localement et disposer de toute la chaîne de valeur sur notre territoire », a-t-il déclaré lors de l'inauguration.
Cette politique s'inscrit dans une stratégie plus large de souveraineté économique engagée depuis l'arrivée au pouvoir d'Ibrahim Traoré en 2022. Les autorités ont notamment nationalisé plusieurs mines d'or et multiplié les initiatives pour développer la transformation locale dans différents secteurs, notamment le coton, la tomate et le textile.
L'exploitation aurifère reste toutefois confrontée à de nombreux défis. Une partie importante de la production provient du secteur artisanal, où les activités de contrebande demeurent difficiles à contrôler. En 2024, le gouvernement avait suspendu les exportations d'or issu de l'exploitation artisanale afin de mieux organiser la filière. Les autorités estiment également que le trafic d'or contribue au financement des groupes jihadistes qui sévissent dans le pays et dans l'ensemble du Sahel.
En misant sur le raffinage local, Ouagadougou espère accroître les retombées économiques de son industrie minière, renforcer la traçabilité de sa production et capter une plus grande part de la valeur ajoutée générée par l'or, dont les cours mondiaux restent à des niveaux historiquement élevés.