Maroc : Fatima Ezzahra El Mansouri, première femme à la tête du gouvernement

Fatima Ezzahra El Mansouri, ministre marocaine, femme politique et maire de Marrakech, participe à un meeting électoral du Parti Authenticité et Modernité (PAM)   -  
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Fatima Ezzahra El Mansouri a été choisie pour diriger le gouvernement marocain, devenant la première femme de l’histoire du royaume à accéder à cette fonction. À 50 ans, la figure du Parti Authenticité et Modernité (PAM) arrive au pouvoir avec une promesse centrale : « redonner espoir » à la jeunesse marocaine, confrontée à d’importantes difficultés économiques et sociales.

C’est une première dans l’histoire politique du Maroc. Fatima Ezzahra El Mansouri a été désignée pour prendre la tête du gouvernement, après la victoire du Parti Authenticité et Modernité (PAM) aux élections législatives.

Cette avocate de 50 ans, devenue l’une des principales figures du centre droit marocain, accède ainsi au sommet du pouvoir exécutif après près de deux décennies de carrière politique.

Son arrivée intervient dans un contexte marqué par de fortes attentes sociales, notamment chez les jeunes. Chômage, coût de la vie, accès à la santé et à l’éducation : les défis sont nombreux.

La jeunesse au cœur de son programme

Durant la campagne électorale, Fatima Ezzahra El Mansouri a fait de la situation des jeunes Marocains l’une de ses principales priorités.

« Les jeunes traversent une crise et nous devons leur apporter des réponses », a-t-elle déclaré pendant la campagne, promettant de « redonner leur espoir » grâce à des solutions concrètes plutôt qu'à de simples discours.

Cette question s’est imposée au premier plan de l’actualité marocaine. Le scrutin intervient notamment après d’importantes mobilisations de jeunes réclamant une amélioration des services de santé et d’éducation.

Les difficultés économiques et le manque de perspectives ont également alimenté les aspirations au départ d’une partie de la jeunesse marocaine.

De la mairie de Marrakech au pouvoir national

Née au sein d’une famille connue de Marrakech, Fatima Ezzahra El Mansouri commence son parcours politique à l’échelle locale.

Elle rejoint le Mouvement pour tous les démocrates, créé en 2008 et qui précède la fondation du Parti Authenticité et Modernité.

Un an plus tard, à seulement 33 ans, elle devient maire de Marrakech. Une accession déjà historique puisqu’elle est la première femme à prendre la tête de cette grande destination touristique du royaume.

Elle entre au Parlement en 2011 et poursuit son ascension au sein du PAM.

Après avoir perdu la mairie de Marrakech en 2015 face à Mohamed Larbi Belcaid, du Parti de la justice et du développement (PJD), elle retrouve son fauteuil de maire en 2021.

La même année, elle est nommée ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Habitat.

Cette expérience locale reste au cœur de son identité politique. « J’ai commencé la politique au niveau local », expliquait-elle récemment, affirmant tirer sa confiance des habitants de Marrakech qui lui avaient accordé la leur.

Le défi de la coalition

Sa nomination ne signifie toutefois pas que le chemin est dégagé.

Si le Parti Authenticité et Modernité est arrivé en tête des élections législatives, il n’a pas obtenu de majorité absolue au Parlement. Fatima Ezzahra El Mansouri devra donc négocier avec d’autres formations politiques afin de constituer une coalition capable de gouverner.

Son expérience à la coordination nationale du PAM pourrait peser dans ces discussions.

Une fois son gouvernement constitué, plusieurs dossiers sensibles l’attendront : le chômage, le pouvoir d’achat et les fortes disparités sociales qui persistent dans le royaume.

Le Mondial 2030 parmi les grands chantiers

La nouvelle cheffe du gouvernement devra également accompagner les préparatifs de la Coupe du monde de football 2030, que le Maroc doit coorganiser avec l’Espagne et le Portugal.

Un rendez-vous majeur qui implique d’importants investissements dans les infrastructures et qui occupera une place centrale dans les prochaines années.

Sur le plan diplomatique, son gouvernement devra également poursuivre la politique marocaine concernant le Sahara occidental, territoire disputé au cœur de tensions régionales depuis plusieurs décennies.

Avec l’arrivée de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement, le Maroc franchit donc un cap symbolique majeur dans la représentation des femmes au sommet de l’État.

Mais au-delà de cette première historique, la nouvelle Première ministre sera surtout attendue sur sa capacité à transformer ses promesses de campagne en réponses concrètes aux difficultés économiques et sociales, notamment celles rencontrées par la jeunesse marocaine.

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