Égypte : la famille de Shaimaa al-Sabbagh indemnisée plus de dix ans après sa mort

Shaimaa al-Sabbagh a été tuée par des tirs de la police au Caire, le 24 janvier 2015.   -  
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L’Égypte a versé une indemnité à la famille de la militante et poétesse Shaimaa al-Sabbagh, plus de dix ans après sa mort, a annoncé lundi l’avocat de ses proches.

Âgée de 34 ans, Shaimaa al-Sabbagh avait été tuée le 24 janvier 2015, au Caire, alors qu’elle participait à un rassemblement à la veille du quatrième anniversaire de la révolution du 25 janvier 2011. Elle venait de déposer une gerbe en hommage aux manifestants tués lors du soulèvement lorsque des tirs de la police l’avaient mortellement atteinte dans le dos.

Les images de la militante, grièvement blessée et transportée par d’autres manifestants, avaient rapidement fait le tour du pays. Elle était depuis devenue une figure emblématique de la contestation égyptienne, surnommée "la martyre des fleurs".

Sa famille avait engagé une longue procédure judiciaire contre le ministère de l’Intérieur. Un tribunal avait ordonné en 2023 le versement d’une indemnité, mais celle-ci n’a finalement été versée que la semaine dernière, selon l’avocat Ali Suleiman.

Une indemnité de 300 000 livres égyptiennes, soit environ 6 000 dollars

Pour l’avocat, l’enjeu était moins financier que symbolique. Il s’agissait, selon lui, d’obtenir la reconnaissance d’une responsabilité du ministère de l’Intérieur dans cette affaire.

Le policier reconnu coupable d’avoir tiré sur Shaimaa al-Sabbagh a finalement été condamné à sept ans de prison en 2020, après plusieurs décisions de justice et appels.

Cette indemnisation intervient alors que les procédures engagées en faveur de manifestants victimes de violences policières sont devenues rares depuis plusieurs années. En 2011 et 2012, les autorités égyptiennes avaient pourtant prévu des indemnisations pour des manifestants tués ou blessés lors du soulèvement qui avait conduit à la chute du président Hosni Moubarak.

Hosni Moubarak avait lui-même été acquitté en 2017 dans le dossier concernant la mort de manifestants.

Depuis l’arrivée au pouvoir d’Abdel Fattah al-Sissi en 2014, après le renversement du président Mohamed Morsi, les autorités égyptiennes ont renforcé les restrictions visant l’opposition. Les manifestations non autorisées sont aujourd’hui interdites et sont devenues extrêmement rares.

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