Ouganda : les '' faiseurs de pluie'' vénérés et critiqués en cas sécheresse

Un « faiseur de pluie » au Soudan du Sud, le jeudi 24 juillet 2025.   -  
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En Ouganda, de nombreuses personnes sont considérées comme dotée de la capacité de faire tomber les précipitations à travers certains rituels. Ces '' faiseurs de pluie '' sont sollicités dans des communautés souvent en proie à la sécheresse. Mais leur travail n'est pas un long fleuve tranquille.  

Ce rôle se transmet souvent de génération en génération, l’esprit de la pluie étant censé entrer dans le corps des membres de certains clans.  

''Ces personnes que l’on appelle les faiseurs de pluie ne se réveillent pas un beau matin en devenant des faiseurs de pluie, non. Elles sont issues de clans (familles) bien précis. Si ce clan était, dès le tout début, composé de faiseurs de pluie, alors quelqu’un d’autre émergerait au sein de ce clan, non pas par sa propre volonté, mais en vertu de la tradition ancestrale, car nous avons ce que nous appelons le khumusambwa. On croit que le khumusambwa est un esprit qui entre en quelqu’un pour lui permettre de commencer à exercer ses pouvoirs'', explique Joseph Weyusya, ancien d’Inzu ya Masaaba, une institution traditionnelle du peuple Bagisu de l’est de l’Ouganda.  

Dans certaines régions d’Afrique subsaharienne, les agriculteurs dont la subsistance dépend des précipitations placent d’énormes attentes dans ces demiurges, notamment un contexte de sécheresse. Le manque de précipitations détruit les récoltes.   

''Ces personnes nous aident dans une certaine mesure, car, comme vous pouvez le constater, nous subissons actuellement de nombreuses sécheresses – le soleil brille de mille feux. Mais ces personnes, elles essaient au moins, car si l’on compare, cette région n’est pas comme les autres'', déclare Isaac Watenga, membre de la communauté.   

Mais les vénérés faiseurs de pluie se heurtent souvent aux caprices des conditions météorologiques. Ils sont critiqués pour leur incapacité à apporter la pluie attendue par les communautés. Alors que ceux qui font appel à leurs services doivent s’acquitter d’une somme.   

''Ces choses sont compliquées à leur manière. Même ces personnes qui prédisent la pluie : on se rend compte que parfois, lorsqu’elles annoncent l’arrivée d’El Niño, cela ne se produit finalement pas. Alors, est-ce qu’on les tue ? Non. Même les scientifiques peuvent faire des prévisions et se tromper ; c’est peut-être pour cela que l’on en vient parfois à dire que ce sont des choses qui relèvent de Dieu ou quelque chose comme ça'', affirme Joseph Weyusya, ancien d’Inzu ya Masaaba, une institution traditionnelle du peuple Bagisu de l’Est d'Ouganda.    

Certains en paient le prix fort lorsque les pluies résistent aux incantations. Les faiseurs de pluie deviennent les victimes de leur propre réputation.

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