La police sud-africaine a renforcé ses investigations après la découverte, mardi, du corps d’une septième femme dans le secteur de Kwa-Thema, à une trentaine de kilomètres de Kempton Park.
Afrique du Sud : sept femmes retrouvées mortes près de Johannesburg
La victime, retrouvée entièrement dévêtue et dans un état avancé de décomposition, s’ajoute à une série de décès qui suscite une inquiétude croissante dans l’est de Johannesburg.
Un autre corps avait été découvert lundi à Olifantsontein. Samedi, celui d’Elizabeth « Tsontso » Moselakgomo, âgée de 38 ans, avait été retrouvé après sa disparition alors qu’elle était partie faire du jogging à Kempton Park. Son corps était partiellement dévêtu. Plusieurs des victimes, pour la plupart âgées d’une vingtaine ou d’une trentaine d’années, ont été retrouvées nues ou partiellement vêtues et certains cas présentent des indices laissant envisager des violences sexuelles.
Les autorités cherchent désormais à établir si ces meurtres ont été commis par un même individu, par plusieurs suspects ou éventuellement par des auteurs imitant un mode opératoire. Aucun mobile n’a encore été établi et la police n’a pas confirmé l’existence d’un tueur en série. « Les similitudes sont suffisamment préoccupantes » pour justifier une alerte publique et l’intensification des investigations, a expliqué Athlenda Mathe, porte-parole de la police sud-africaine.
Les services de police ont notamment appelé les femmes à la prudence lors d’activités telles que le jogging dans les zones concernées. Le président Cyril Ramaphosa a, de son côté, ordonné que les enquêtes soient traitées comme une priorité. Il a assuré que « rien ne serait négligé » pour identifier et traduire en justice les responsables, appelant également la population à transmettre aux enquêteurs toute information susceptible de faire progresser les investigations.
Cette série de morts ravive les inquiétudes autour des violences faites aux femmes en Afrique du Sud. Selon les dernières statistiques criminelles citées par les autorités, 5 427 homicides ont été enregistrés entre avril et juin. Le pays affiche par ailleurs un niveau de féminicides parmi les plus élevés au monde, selon ONU Femmes. Une étude sud-africaine publiée en 2022 indiquait que plus de 35 % des femmes adultes avaient subi au cours de leur vie des violences physiques ou sexuelles.
La Commission pour l’égalité des sexes réclame des mesures préventives immédiates dans les secteurs concernés. Elle préconise notamment un audit de sécurité associant police, autorités municipales, services de transport et structures locales afin d’évaluer l’éclairage public, la vidéosurveillance, les itinéraires piétonniers et de transport, les espaces délaissés, la présence policière et l’accès aux secours.
« Faut-il attendre que des femmes soient tuées pour que les autorités renforcent enfin la sécurité dans ces quartiers ? », déplore Javu Baloyi, porte-parole de la Commission pour l’égalité des sexes.