Les entreprises somaliennnes recherchent des itinéraires maritimes alternatifs en raison des perturbations et des problèmes de sécurité autour du détroit de Bab al-Mandeb et du détroit d’Ormuz. Les Houthis, soutenus par l’Iran, ont pris le contrôle d’une ville portuaire stratégique et d’une île, poussant des milliers de Yéménites à fuir vers Djibouti, pays voisin.
Guerre au Moyen-Orient : la Somalie cherche des itinéraires maritimes alternatifs
« Les récentes tensions dans le détroit de Bab al-Mandeb, ainsi que celles dans le détroit d’Ormuz, ont eu un impact négatif sur nos activités. Mais nous avons également pris des mesures pour éviter ces perturbations. Nous avons contacté les groupes qui exportent des marchandises afin qu’ils modifient leurs itinéraires. Auparavant, les entreprises somaliennes importaient et exportaient des produits de base en provenance d’Asie via des pays arabes tels que les Émirats, Oman et l’Arabie saoudite avant de les acheminer vers la Somalie, en particulier vers Mogadiscio. Ainsi, en raison des tensions autour de ces détroits, nous avons modifié cet itinéraire. Pour la première fois, nous avons fait venir un navire transportant du sucre directement depuis le Sri Lanka. Il s’agit peut-être d’une stratégie que nous avons mise en place en raison de ces tensions. », a déclaré Mohamed Ali Nur, directeur du port maritime de Mogadiscio.
Le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et l’Arabie saoudite combattent les Houthis depuis 12 ans. La récente escalade a mis fin à un cessez-le-feu qui avait largement endigué la guerre civile à travers le Yémen depuis 2022. Aujourd’hui, le nombre de Yéménites fuyant les combats est en forte hausse.
Dimanche, l’Organisation internationale pour les migrations a indiqué que plus de 85 000 personnes avaient été déplacées depuis le début du mois. Plus de 2 000 personnes ont atteint Djibouti, pays voisin de la Somalie, a précisé l’agence.
Les entreprises importaient traditionnellement des marchandises d’Asie via les pays du Golfe, tels que les Émirats arabes unis, Oman et l’Arabie saoudite. Aujourd’hui, certaines tentent une approche plus directe.
« En ce qui concerne le golfe Persique, il y a également des problèmes là-bas ; il y a des difficultés dues à la guerre et, vous savez, à ces terribles… même le détroit de Bab al-Mandeb connaît, peut-être à partir de maintenant, des problèmes pour les navires. Et cela va, je pense, poser des difficultés pour le transport maritime et le commerce dans cette région. », a indiqué Ali Jemdi, capitaine de navire.
La Somalie dépend particulièrement du commerce maritime pour bon nombre des biens dont sa population a besoin au quotidien. Pour les consommateurs somaliens lambda, les changements dans les itinéraires maritimes finissent par se faire sentir sur les marchés, où sont vendus les produits alimentaires importés et autres marchandises.