RDC : à Bukavu, un incendie meurtrier ravage deux écoles et des centaines d’habitations

Incendie le 10 septembre 2026, à Bukavu, République démocratique du Congo   -  
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À Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo, un violent incendie a fait au moins 24 morts et 29 blessés ce jeudi matin. Les victimes sont toutes des écoliers, selon un bilan provisoire des autorités locales.

Le feu, parti d’une habitation, s’est rapidement propagé à deux écoles primaires et à plusieurs centaines de maisons dans le quartier Cimpunda, à Kadutu. Une nouvelle tragédie qui met une fois encore en lumière la vulnérabilité d’une ville densément peuplée face aux incendies.

Il est environ 8 heures ce jeudi matin lorsque les premières flammes apparaissent dans une habitation du quartier Cimpunda, dans la commune de Kadutu, à Bukavu. En quelques instants, le feu gagne les constructions voisines. Dans cette partie très dense de la ville, les maisons sont nombreuses et souvent construites à faible distance les unes des autres.

Les flammes progressent rapidement, atteignant notamment les écoles primaires Ujamaa et Furaha. À l’intérieur des établissements scolaires, la situation devient rapidement incontrôlable. Élèves et habitants tentent de fuir alors que la fumée envahit les lieux.

Zihaliwa Mweze, habitant du Sud-Kivu, raconte les premières minutes du drame : « Lorsque les flammes ont débuté ici, à l’école, on a entendu les gens nous appeler à l’aide alors que l’on voulait sortir. Nous sommes rentrés. Les flammes ont pris de la hauteur jusqu’à envahir tout le quartier. On ne sait ni par où ni par qui cela a débuté. Là, maintenant, nous faisons des travaux pour éteindre totalement le feu. »

Le bilan humain est particulièrement lourd. Selon les autorités locales, au moins 24 personnes ont perdu la vie, dont 19 filles et 5 garçons. Toutes étaient des élèves. 29 autres personnes ont été blessées.

Plusieurs victimes auraient été asphyxiées par la fumée, tandis que d’autres auraient été prises dans la bousculade au moment de tenter de s’échapper. Dans les structures sanitaires de Bukavu, les équipes médicales ont été rapidement mobilisées pour accueillir les victimes. Certaines sont arrivées dans un état critique.

Jean-Baptiste Ciza, infirmier titulaire au BDOM, décrit une scène particulièrement difficile à son arrivée : « Parmi les enfants qui étaient arrivés déjà décédés, j’ai compté à peu près une dizaine et d’autres corps étaient encore survivants qu’on a pu vite évacuer à l’hôpital Berna, qui est près de la route. Arrivé à Berna, je savais que s’ils arrivaient à l’hôpital Berna facilement, ils pourraient attendre les ambulances des grands hôpitaux pour venir les prendre là-bas et les acheminer dans les grands hôpitaux de la place. »

Les blessés ont ainsi été orientés vers différents établissements de santé pour recevoir des soins adaptés à la gravité de leur état. Au-delà du bilan humain, les dégâts matériels sont considérables. Selon le bilan provisoire communiqué par les autorités locales, plus de 300 maisons ont été détruites par les flammes. Des familles ont vu leurs habitations partir en fumée en quelques heures, emportant avec elles leurs biens et leurs moyens de subsistance.

Dans le quartier Cimpunda, les opérations de secours se sont poursuivies pendant plusieurs heures. Habitants, secouristes et autres intervenants ont tenté de maîtriser les derniers foyers et d'empêcher une nouvelle propagation du feu. Sur place, l’urgence était également de rechercher d’éventuelles victimes et de mettre les survivants à l’abri.

Ce nouveau sinistre intervient alors que Bukavu fait régulièrement face à des incendies urbains. La forte densité de la ville constitue l’un des principaux facteurs qui favorisent la propagation rapide des flammes. Dans plusieurs quartiers, les habitations sont construites les unes à proximité des autres, laissant parfois peu d’espace pour l’intervention des secours. L’accès difficile à certaines zones urbaines peut également compliquer les opérations d’intervention.

Lorsqu’un incendie se déclare, les flammes peuvent ainsi gagner plusieurs habitations en très peu de temps. Le drame de Cimpunda relance donc les interrogations sur la prévention des incendies, la sécurité des établissements scolaires et la capacité d’intervention dans les quartiers densément peuplés de Bukavu.

Pour l’heure, l’origine exacte de l’incendie reste inconnue. Les autorités doivent encore déterminer dans quelles circonstances le feu a démarré et pourquoi il s’est propagé aussi rapidement aux habitations et aux établissements scolaires.

Une évaluation complète des dégâts doit également permettre de préciser l’ampleur des pertes matérielles. Mais pour les familles endeuillées, le bilan est déjà lourd : 24 enfants morts, des dizaines de blessés et des centaines de maisons détruites.

À Cimpunda, après le passage des flammes, les habitants tentent désormais de mesurer l’ampleur du désastre et de venir en aide aux familles touchées. Pour cette ville déjà confrontée à de multiples crises, l’incendie de ce jeudi restera comme l’un des drames les plus marquants de ces dernières années.

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