Sénégal : le FMI au cœur d'un bras de fer politique à l'Assemblée

Le président du Sénégal, Bassírou Diomaye Diakhar Faye, s'exprime devant la 80e session de l'Assemblée générale des Nations unies, mercredi 24 septembre 2025.   -  
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Le Fonds monétaire international (FMI) s'est invité au cœur des débats mardi à l'Assemblée nationale sénégalaise, lors de la déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mohamed Lo.

Une semaine après la conclusion d'un accord de 2,2 milliards de dollars sur 36 mois avec l'institution de Bretton Woods, le chef du gouvernement a défendu ce partenariat, présenté comme indispensable pour redresser les finances publiques du pays.

Dans son discours, Ahmadou Al Aminou Lo a annoncé une nouvelle stratégie économique fondée sur la sélection de projets à fort impact, une discipline budgétaire renforcée, une hausse des recettes de l'État, la rationalisation des dépenses publiques et une gestion plus rigoureuse de la dette. Selon lui, ces mesures doivent permettre de restaurer durablement l'équilibre des finances publiques.

Mais ce plaidoyer en faveur du FMI a suscité de vives critiques, y compris au sein de la majorité présidentielle. Le député du Pastef Guy Marius Sagna a dénoncé un reniement des engagements de souveraineté économique portés par le parti au pouvoir. À la tribune, il a accusé le gouvernement de placer le Sénégal « sous la coupe du FMI », allant jusqu'à comparer le Premier ministre à un représentant des intérêts de l'institution financière internationale.

Ce débat intervient dans un contexte économique délicat. Les autorités cherchent à assainir les finances de l'État après la découverte d'importantes irrégularités dans les comptes publics des années précédentes, tout en tentant de rassurer les partenaires financiers du Sénégal.

Au-delà des questions économiques, le Premier ministre a également abordé plusieurs sujets de société. Il a condamné la montée des discours xénophobes, appelant au respect des étrangers vivant au Sénégal, tout en rappelant que ces derniers doivent se conformer aux lois du pays. Ahmadou Al Aminou Lo a également réaffirmé que le gouvernement restait opposé à toute légalisation de l'homosexualité, assurant que cette position demeurait inchangée.

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