MSF : 1 046 migrants secourus en une semaine sur la route des Canaries

Des migrants reçoivent des couvertures au port de La Restinga, sur l'île canarienne d'El Hierro, le 4 février 2024.   -  
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En l’espace d’une semaine, 1 046 migrants ont été secourus sur la dangereuse route maritime reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries, a indiqué Médecins sans frontières.

Les personnes secourues voyageaient à bord de sept embarcations parties de Gambie et se dirigeant vers l’archipel espagnol, situé à près de 2 000 kilomètres des côtes ouest-africaines.

Les sept bateaux, qui transportaient en moyenne 150 personnes chacun, ont dérivé en mer avant d’être interceptés au cours de la dernière semaine d’août.

Les survivants ont ensuite été débarqués à Nouadhibou, en Mauritanie, ainsi qu’à Rosso et Dakar, au Sénégal. À Nouadhibou, MSF est intervenu avec le Croissant-Rouge mauritanien ; à Rosso et Dakar, l’organisation a travaillé avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Des passagers dans un état critique

Les équipes médicales ont pris en charge des personnes souffrant notamment de déshydratation sévère, d’épuisement extrême, de pertes de connaissance, de fractures et d’infections cutanées, gastriques et respiratoires. Parmi les rescapés figuraient 134 femmes, dont une femme enceinte, et 88 mineurs.

À ces séquelles physiques s’ajoute un lourd traumatisme psychologique. Selon MSF, plusieurs survivants ont été témoins de la mort de proches durant la traversée. L’organisation a ainsi mis en place des cellules de soutien psychologique d’urgence.

La majorité des personnes secourues étaient originaires du Sénégal et de Gambie. D’autres venaient notamment du Mali, de Guinée et de Côte d’Ivoire. Plusieurs ont également fait état de violences subies dans leur pays d’origine ou au cours de leur parcours migratoire.

MSF rapporte notamment le témoignage d’une personne débarquée à Dakar qui affirme avoir été battue par un passeur et plusieurs hommes afin de lui extorquer davantage d’argent pour la traversée. Une femme a, pour sa part, déclaré qu’un passeur lui avait dérobé l’argent destiné au voyage avant de la violer.

Une route toujours empruntée malgré les risques

Depuis plusieurs années, des milliers de personnes tentent chaque année la traversée de l’Atlantique à bord de bateaux souvent surchargés et vétustes afin de gagner l’Europe via les Canaries. Selon MSF, la pauvreté, les violences et la dégradation des conditions de vie dans les pays d’origine figurent parmi les facteurs poussant les candidats à l’exil à emprunter cette voie particulièrement périlleuse.

L’organisation, qui porte assistance aux personnes secourues sur cette route depuis 2024, affirme être directement confrontée à l’aggravation du bilan humain et à l’extrême vulnérabilité des passagers.

« Lorsque des personnes s’embarquent pour une traversée de 2 000 kilomètres qui est extrêmement meurtrière, c’est qu’elles doivent fuir quelque chose de bien pire encore », estime Dalil Adji, chef de mission de MSF en Afrique de l’Ouest.

L’ONG appelle les gouvernements d’Afrique de l’Ouest et les pays européens à ouvrir des voies de migration « sûres et légales », estimant que l’absence d’alternatives continue de pousser des personnes à prendre la mer au péril de leur vie.

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