Le président chinois Xi Jinping a été reçu mercredi au Caire par son homologue égyptien Abdel Fattah al-Sissi, lors de sa première visite en Égypte depuis dix ans. Les deux dirigeants ont appelé à une issue diplomatique aux conflits au Moyen-Orient et affiché leur volonté d’approfondir leur coopération économique, sécuritaire et militaire, sur fond de tensions croissantes dans la région.
Xi Jinping au Caire pour renforcer le partenariat stratégique sino-égyptien
Accueilli avec les honneurs militaires au palais présidentiel d’Al-Ittihadiya, Xi Jinping a appelé les pays du Moyen-Orient à s’opposer aux « ingérences extérieures » et à défendre le principe selon lequel les peuples de la région doivent être « maîtres de leurs propres affaires ». Il s’est également dit prêt à coopérer avec les États de la région pour préserver la sécurité de la navigation, alors que les attaques contre des navires perturbent le trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.
La guerre entre les États-Unis et l’Iran devait figurer au cœur des entretiens entre les deux présidents, avec les dossiers de Gaza et de la mer Rouge. La crise régionale intervient alors que Washington accentue la pression sur les partenaires économiques de Téhéran, exposant notamment les intérêts chinois, Pékin étant un important acheteur de pétrole iranien.
L’Égypte, alliée militaire des États-Unis et bénéficiaire d’environ 1,3 milliard de dollars d’aide militaire américaine par an, développe parallèlement ses relations avec la Chine depuis la signature d’un partenariat stratégique en 2014. Le Caire entend ainsi diversifier ses partenariats tout en préservant ses relations avec Washington.
Sur le plan économique, les deux pays ont signé un accord lançant la troisième phase de la zone industrielle sino-égyptienne du canal de Suez, qui accueille déjà quelque 200 entreprises et représente environ quatre milliards de dollars d’investissements, selon les autorités égyptiennes. Plusieurs autres accords ont également été conclus.
La Chine est devenue un partenaire commercial majeur de l’Égypte. Les importations égyptiennes en provenance de Chine ont dépassé 10 milliards de dollars au premier semestre, en hausse de plus de 14 % sur un an, selon les données égyptiennes. Les entreprises chinoises sont par ailleurs engagées dans d’importants projets d’infrastructures, d’industrie et d’énergie, notamment dans la nouvelle capitale administrative construite à l’est du Caire.
La coopération s’étend au domaine militaire. En août, les deux pays ont organisé les exercices aériens conjoints « Eagles of Civilization », auxquels ont notamment participé des chasseurs chinois J-16 et des Rafale égyptiens.
Pour Pékin, l’Égypte constitue à la fois un marché de plus de 110 millions d’habitants, un acteur diplomatique influent au Moyen-Orient et une porte d’entrée vers l’Afrique. Pour Le Caire, le renforcement des liens avec la Chine offre un moyen d’accroître sa marge de manœuvre diplomatique alors que les équilibres régionaux évoluent.
Cette visite intervient enfin à l’approche d’une rencontre annoncée entre Xi Jinping et le président américain Donald Trump plus tard en septembre. Elle illustre la volonté de Pékin de consolider ses relations avec des partenaires traditionnels de Washington au Moyen-Orient.