L’Ouganda baptise son pétrole « Pearl Sweet » et se prépare à rejoindre les pays exportateurs

Le président ougandais Yoweri Museveni, sur le champ pétrolifère de Kingfisher, en Ouganda, le mercredi 2 septembre 2026.   -  
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L’Ouganda a officiellement baptisé mercredi son pétrole « Pearl Sweet », un nom faisant référence à son surnom de « perle de l’Afrique » et à la faible teneur en soufre de son brut.

Lors d’une cérémonie organisée dans le district de Hoima, dans l’ouest du pays, le président Yoweri Museveni a salué une ressource appelée, selon lui, à transformer durablement l’économie nationale. « Vous verrez, le pétrole va nous mener très loin », a déclaré le chef de l’État.

Le pays enclavé d’Afrique de l’Est ambitionne de rejoindre le cercle des nations exportatrices de pétrole avant la fin de 2026. Deux projets sont au cœur de cette stratégie : Kingfisher, exploité par le groupe français TotalEnergies avec son partenaire chinois CNOOC, et Tilenga, également opéré par TotalEnergies. Selon la secrétaire d’État à l’Énergie, Irene Batebe, Kingfisher doit entrer en production d’ici à la fin de l’année, avec un débit initial de 28 000 barils par jour. Le projet Tilenga est, lui, achevé à 74 %.

À terme, les deux sites doivent permettre à l’Ouganda d’atteindre une capacité de production maximale d’environ 230 000 barils par jour. La majeure partie du brut sera acheminée vers la côte tanzanienne par l’East African Crude Oil Pipeline (EACOP), un oléoduc chauffé de 1 443 kilomètres, présenté comme le plus long au monde. La forte viscosité du pétrole ougandais impose en effet de le maintenir à environ 50 °C durant son transport.

À Hoima, un projet de raffinerie d’une capacité de 60 000 barils par jour est également en construction. Le gouvernement mise ainsi sur les revenus pétroliers pour accélérer le développement du pays et renforcer ses infrastructures.

Cette perspective économique reste toutefois fortement contestée. Le projet pétrolier est dénoncé par des organisations environnementales comme une « bombe carbone », susceptible d’entraîner l’émission de quelque 379 millions de tonnes de gaz à effet de serre sur sa durée de vie. Près d’une centaine de puits doivent en outre être forés dans le parc national de Murchison Falls, l’un des principaux sanctuaires naturels du pays.

L’EACOP traverse par ailleurs des écosystèmes fragiles et des zones empruntées par la faune sauvage, alimentant les craintes de fuites et de dommages irréversibles à la biodiversité. Les organisations non gouvernementales estiment également que plus de 100 000 personnes ont été déplacées dans le cadre des projets et dénoncent des procédures d’indemnisation jugées parfois lentes ou insuffisamment transparentes.

TotalEnergies affirme pour sa part avoir pris des mesures strictes pour éviter, réduire et compenser les impacts environnementaux et indique avoir indemnisé 99 % des ménages déplacés. Le gouvernement ougandais, lui, continue de présenter le pétrole comme un levier majeur de développement, alors que le pays s’apprête à franchir, avec Kingfisher puis Tilenga, une étape décisive de son histoire énergétique.

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