Escalade militaire majeure entre Washington et Téhéran

Le bâtiment qui aurait été touché par une frappe américaine alors qu'une fête de mariage s'y déroulait, à Kuhestak, dans le sud de l'Iran, mercredi 2 septembre 2026.   -  
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Morteza Akhoondi/Tasnim News Agency via AP

Les Etats-Unis ont mené mardi de nouvelles frappes contre des cibles militaires iraniennes dans le sud du pays, auxquelles Téhéran a répondu par des tirs de missiles et de drones contre des installations américaines dans plusieurs pays de la région. La Jordanie a annoncé avoir intercepté 13 missiles balistiques, tandis que Donald Trump a menacé l'Iran de frappes « bien plus dures ».

Les forces américaines ont frappé mardi plusieurs installations militaires iraniennes le long de la côte sud de l'Iran, notamment des systèmes de défense aérienne, des radars, des moyens maritimes, des capacités de pose de mines et des installations de communication, selon le Commandement central américain (CENTCOM).

CENTCOM a affirmé que ces frappes répondaient à de récentes tentatives attribuées aux Gardiens de la révolution iraniens d'attaquer des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz et des militaires américains déployés dans la région.

L'Iran a riposté par des tirs de missiles et de drones visant des installations américaines ou liées aux forces américaines en Jordanie, à Bahreïn, au Koweït et en Irak.

Les forces armées jordaniennes ont annoncé avoir intercepté 13 missiles balistiques entrés dans l'espace aérien du royaume. Selon une première évaluation américaine, aucune victime n'a été signalée en Jordanie.

A Bahreïn, où se trouve le quartier général régional de l'US Navy, les autorités ont affirmé avoir intercepté et détruit des drones iraniens. Au Koweït, l'armée a annoncé avoir activé ses défenses aériennes face à une « agression iranienne ». Téhéran a revendiqué des tirs contre la base aérienne américaine Ali Al Salem.

L'Iran a également revendiqué des frappes contre des installations américaines dans le nord de l'Irak, notamment à Erbil, affirmant avoir infligé des pertes aux forces américaines. Ces affirmations n'ont pas été confirmées par Washington ni par les autorités irakiennes.

Des victimes civiles selon l'Iran

Les médias d'Etat iraniens ont affirmé que les frappes américaines avaient touché plusieurs secteurs du sud du pays, notamment des zones civiles et un aéroport.

Téhéran affirme qu'une frappe a atteint une maison à Kuhestak, près de Sirik, où se déroulait une cérémonie de mariage, faisant au moins quatre morts, dont un enfant, et plusieurs dizaines de blessés. Les bilans communiqués par les médias iraniens font état d'au moins 11 morts dans l'ensemble des frappes américaines. Ces informations n'ont pas pu être vérifiées indépendamment.

Le porte-parole du CENTCOM, le capitaine de l'US Navy Tim Hawkins, a déclaré que l'armée américaine avait connaissance de ces informations et assuré que les forces américaines « ne ciblent jamais les civils ».

Menaces croisées

Les Gardiens de la révolution ont promis une riposte accrue et affirmé que leurs opérations avaient renforcé la pression exercée sur le détroit d'Ormuz.

L'ayatollah Mojtaba Khamenei a menacé de donner « des leçons inoubliables à l'ennemi américain ».

Donald Trump a de son côté averti Téhéran que les Etats-Unis répondraient par des frappes plus importantes en cas de nouvelle riposte. Le président américain a qualifié les attaques américaines d'« attaque tout à fait justifiée » et affirmé que l'Iran serait frappé « de manière bien plus dure et à un niveau bien plus élevé » s'il poursuivait ses opérations.

La confrontation se concentre notamment autour du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour les exportations mondiales de pétrole. Washington affirme continuer à escorter les navires dans cette zone, tandis que Téhéran revendique une capacité accrue à en contrôler l'accès. Les nouvelles hostilités ont fait remonter les cours du pétrole et pesé sur les marchés financiers.

Cette nouvelle séquence constitue l'échange de tirs le plus important entre Washington et Téhéran depuis juillet. Le président iranien Masoud Pezeshkian a néanmoins déclaré mardi que son pays était disposé à revenir à l'accord de cessez-le-feu négocié avec les Etats-Unis en juin, à condition que Washington en respecte également les termes.

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