Guinée-Bissau : dépouillement en cours après le référendum constitutionnel

Des agents électoraux trient les bulletins de vote lors d'un référendum sur l'octroi de nouveaux pouvoirs au président, à Bissau, en Guinée-Bissau, le 30 août 2026   -  
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Le dépouillement a commencé en Guinée-Bissau, dirigée par l'armée, à l'issue du référendum de dimanche qui pourrait conférer davantage de pouvoirs au président avant les élections législatives prévues plus tard dans l'année pour rétablir un régime civil.

La sécurité a été renforcée aux points stratégiques de la capitale, où des membres de la garde nationale et de la police ont été déployés à des endroits clés.

Les bureaux de vote ont fermé comme prévu à 17 h, heure locale (17 h GMT), les premiers résultats provisoires étant attendus mardi.

Idrissa Djalo, secrétaire exécutif de la Commission électorale nationale, a déclaré lors d’une conférence de presse dimanche soir que le taux de participation avait "dépassé" les 55 %.

La commission estime que "dans l’ensemble, le scrutin s’est déroulé sans incidents susceptibles de remettre en cause la crédibilité du vote", a-t-il ajouté.

Ce référendum a eu lieu moins de dix mois après un coup d’État au cours duquel l’armée a pris le pouvoir dans ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest lusophone.

Halimatou Traoré, commerçante, a déclaré à l'AFP qu’elle espérait que la nouvelle Constitution apporterait des changements positifs.

"Les crises successives que le pays a traversées ont eu un impact très négatif sur mes revenus", a-t-elle déclaré alors qu’elle attendait pour voter. "Si tout se passe bien, la Guinée-Bissau s’engagera sur de nouvelles voies".

Braima Seidy, 76 ans, vétéran de la guerre d’indépendance contre le Portugal, est sorti souriant de l’isoloir. "Je crois sincèrement que cette nouvelle Constitution peut apporter la stabilité au pays", a-t-il déclaré à l’AFP.

Système présidentiel

La junte affirme que ce changement vise à stabiliser les institutions avant les nouvelles élections présidentielle et législatives prévues le 6 décembre, destinées à restituer le pouvoir aux civils.

Mais le climat politique est tendu dans ce pays côtier sujet aux coups d’État. L’opposition a appelé les électeurs à boycotter le référendum "dans un contexte de restrictions des libertés publiques".

Le chef de la junte et président de transition, le général Horta N'Tam, a appelé les jeunes à voter "massivement" alors qu'il déposait lui-même son bulletin dimanche.

"Ce que nous voulons après ce référendum, c'est permettre à celui qui remportera les élections d'exercer son mandat sans entrave", a-t-il déclaré.

En vertu de la charte de transition qu'il fait respecter, le général n'est pas autorisé à se présenter aux élections.

La junte a approuvé à l'unanimité un amendement constitutionnel visant à faire passer le pays d'un système parlementaire à un système présidentiel et demandait à la population de le soutenir.

Le nouveau texte propose d’abandonner l’ancien système dans lequel le Premier ministre était issu de la majorité parlementaire, ce qui a conduit à un partage du pouvoir délicat.

Il permettrait également au chef de l’État de nommer et de révoquer le Premier ministre et les membres du gouvernement, ainsi que de dissoudre le Parlement.

Dimanche, les électeurs devaient répondre "oui" ou "non" à la question suivante : "Êtes-vous d’accord avec l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution approuvée par le Conseil national de transition ?"

"Au compte-gouttes"

L’armée a pris le pouvoir quelques jours seulement après l’élection présidentielle, renversant le président de l’époque, Umaro Sissoco Embaló, et suspendant le processus électoral.

À la suite des élections législatives de 2023, M. Embalo avait lui-même dissous le Parlement, dominé par l’opposition, en réponse à ce qu’il avait qualifié de tentative de coup d’État.

Il a ensuite gouverné par décret jusqu'à ce qu'il soit renversé par l'armée.

Dans cinq bureaux de vote de Bissau visités par l'AFP dans l’après-midi, les électeurs se sont présentés de manière sporadique et en petit nombre. Les fortes pluies du matin en avaient dissuadé certains.

"Les électeurs arrivent au compte-gouttes", a déclaré le responsable de l’un des bureaux de vote. "La pluie a freiné la participation".

La Guinée-Bissau, l’un des pays les plus pauvres du monde, a connu cinq coups d’État et une série de tentatives de coup d’État depuis 1974.

Ce référendum intervient après que plusieurs autres pays africains, dont le Zimbabwe et le Tchad, ont modifié leur Constitution ces dernières années afin de prolonger la durée des mandats, de supprimer les limites d’âge ou de renforcer les pouvoirs de l’exécutif.

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