Dans l’est de la République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola bouleverse le quotidien des travailleurs des mines artisanales.
RDC : face à Ebola, les mineurs contraints de travailler pour survivre
À Iga-Barrière, malgré la peur de la contamination, de nombreux mineurs continuent de travailler pour quelques dollars par jour afin de nourrir leur famille et payer leur logement.
Dans cette région où l’exploitation artisanale de l’or constitue une importante source de revenus, beaucoup de travailleurs sont aussi des déplacés ayant fui des années de conflit. Pour eux, interrompre leur activité face au risque sanitaire n’est souvent pas une option.
Mechac Ngadjole Katavara affirme avoir perdu 13 membres de sa famille et déplore les difficultés pour accéder aux soins et à la vaccination. Il demande aux autorités de renforcer la protection des populations confrontées à Ebola.
Travailler malgré la peur
D’autres mineurs réclament l’ouverture d’un centre de traitement Ebola à Iga-Barrière. Daniel Ndjalenga Musingo explique que les malades doivent actuellement être évacués vers Bunia et que certains meurent pendant leur transfert. Un centre situé plus près des communautés permettrait, selon lui, une prise en charge plus rapide.
Le fonctionnement même de l’exploitation minière artisanale représente un défi pour les équipes sanitaires. Les travailleurs se déplacent régulièrement entre les mines, les villages et les centres urbains pour chercher de l’or ou vendre leur production.
Ces mouvements compliquent l’identification des personnes infectées et la recherche de celles qui ont pu être en contact avec des malades.
Selon un rapport publié en 2024 par l’Organisation de coopération et de développement économiques, environ deux millions de personnes travaillent dans les mines artisanales et à petite échelle en RDC.
Sur les sites miniers, les travailleurs connaissent les risques liés à Ebola. Mais les difficultés économiques prennent souvent le dessus.
Espérance Acheni Nyango continue ainsi de travailler pour subvenir aux besoins de ses enfants. Même un revenu quotidien de 10 000 francs, soit quelques dollars, lui permet d’acheter de la nourriture et de contribuer au paiement de son loyer.
Face à la progression de l’épidémie, 16 250 doses de vaccin sont arrivées à Kinshasa, dans le cadre d’un lot de 70 000 doses annoncé avec l’Organisation mondiale de la santé et ses partenaires.
Dans les zones minières reculées de l’est du pays, le défi reste toutefois considérable : permettre aux populations de continuer à vivre de leur travail tout en améliorant rapidement l’accès à la vaccination, au dépistage et aux centres de traitement.