RDC : à Beni, une caravane de jeunes contre Ebola et la désinformation

Photo du 14 juillet 2019 : des vendeuses de bananes près d’une affiche « Ensemble, éliminons Ebola », à Bunia, en RDC.   -  
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À Beni, dans l’est de la République démocratique du Congo, des jeunes ont parcouru les rues à vélo et à pied pour sensibiliser la population à la menace Ebola.

Cette mobilisation vise à rétablir la confiance envers les équipes sanitaires, régulièrement prises pour cible dans une région déjà fragilisée par l’insécurité.

Organisée avec le soutien d’ONG congolaises et de l’Organisation mondiale de la Santé, la caravane intervient après plusieurs incidents violents. Des agents chargés des enterrements sécurisés ont été blessés, tandis que des centres de traitement ont été incendiés dans plusieurs zones touchées par l’épidémie.

Pour Paulin Livimba, vice-président du Conseil urbain de la jeunesse de Beni, la propagation du virus coïncide avec une dégradation du contexte sécuritaire.

« Au même moment où la maladie à virus Ebola est apparue, elle a coïncidé avec la montée soudaine de l’insécurité dans la ville de Beni. C’est pourquoi vous constatez que les tensions sont vives. La population ne comprend pas, mais nous faisons au moins des efforts dans les quartiers où les jeunes s’impliquent », explique-t-il.

Le responsable appelle les autorités congolaises à renforcer leur soutien sur le terrain. « Le gouvernement doit vraiment, vraiment, vraiment nous aider. Cinquante millions de dollars, puis vingt millions, ont été débloqués, mais jusqu’à présent, sur le terrain, il n’y a aucun impact », déplore-t-il.

La désinformation complique la riposte

Les organisateurs veulent également combattre le déni et les fausses informations qui entravent le travail des équipes de riposte. Dans certains quartiers, des jeunes s’opposent directement à l’intervention des professionnels de santé.

« Lorsque les équipes de riposte arrivent pour faire leur travail, certains jeunes les attaquent et les empêchent ainsi d’accomplir leur mission », affirme Sylvie Kalumbi, responsable de l’organisation One Girl One.

Selon elle, la caravane doit permettre de rappeler la réalité de la maladie et la nécessité d’une action collective. « Cette activité est organisée pour montrer à ces jeunes que la maladie existe réellement et que nous devons tous unir nos efforts afin qu’elle puisse être éradiquée », poursuit-elle.

Épicentre de l’épidémie d’Ebola entre 2018 et 2020, Beni est de nouveau confrontée au virus. La peur, les violences commises par les groupes armés et la diffusion de rumeurs renforcent la méfiance d’une partie de la population.

« Il y a eu beaucoup de rumeurs, beaucoup de désinformation. Tout cela a contribué à créer de la méfiance », reconnaît Philemon Kambale, chargé de la communication des risques et de l’engagement communautaire au ministère congolais de la Santé.

Pour les autorités sanitaires, la participation des habitants reste indispensable afin de contenir l’épidémie. « C’est l’engagement de la communauté, l’engagement de la jeunesse et l’engagement de la population qui nous permettront de mettre fin à cette épidémie », insiste Philemon Kambale.

À travers cette caravane, les organisateurs espèrent donc transformer les jeunes en acteurs de la riposte plutôt qu’en adversaires des soignants. Une mobilisation communautaire jugée essentielle pour combattre la désinformation, réduire les violences et freiner durablement la propagation du virus.

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