Bemi Orojuogun, la « Bus Aunty » qui bouscule les codes de la mode

Le Premier ministre britannique Andy Burnham s'entretient avec Bemi Orojuogun lors d'un trajet en bus à Bath, en Angleterre, le mercredi 22 juillet 2026.   -  
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À 56 ans, Bemi Orojuogun est devenue en quelques mois une figure remarquée des réseaux sociaux et de la mode. Surnommée « Bus Aunty », cette Nigériane installée au Royaume-Uni depuis plus de trente ans s’est fait connaître grâce à des vidéos d’une étonnante simplicité : elle pose dans les rues de Londres, avec les célèbres bus rouges à impériale en arrière-plan.

Loin des productions sophistiquées des influenceurs traditionnels, Bemi mise sur son sourire, ses tenues et sa personnalité. Une formule qui lui a permis de fédérer plusieurs centaines de milliers d’abonnés sur TikTok et Instagram et de séduire progressivement l’industrie de la mode.

D’infirmière à égérie de grandes marques

Avant cette notoriété numérique, Bemi Orojuogun travaillait comme infirmière en santé mentale. Rien ne la destinait donc à devenir, passée la cinquantaine, un nouveau visage des campagnes publicitaires internationales.

Son succès sur les réseaux sociaux lui a depuis ouvert les portes de grandes enseignes. Elle a collaboré avec plusieurs marques internationales, parmi lesquelles Burberry, H&M, Maybelline, Jacquemus, Ikea et JBL. Elle a également travaillé avec le mannequin et créateur de contenu Wisdom Kaye et fait ses premiers pas dans l’univers des Fashion Weeks.

La rue londonienne qui servait de décor à ses premières vidéos est ainsi devenue le point de départ d’une nouvelle carrière.

Le phénomène dépasse cependant la mode. Auprès d’une partie du public africain et de sa diaspora, « Aunty Bemi » renvoie à une figure familière : celle des mères et des tantes africaines, rarement représentées comme des icônes de style dans les grandes campagnes internationales.

Son ascension intervient aussi à un moment où les réseaux sociaux modifient les critères de visibilité dans la mode. L’âge, le parcours professionnel ou l’absence de formation dans le mannequinat ne constituent plus nécessairement des obstacles pour toucher un large public.

En faisant appel à Bemi, les marques cherchent ainsi à exploiter une nouvelle forme d'influence, davantage fondée sur la proximité et l’authenticité que sur les codes traditionnels du mannequinat.

La joie comme moteur

Derrière ses vidéos légères se trouve également une histoire personnelle douloureuse. Après la mort de son mari des suites d’un cancer, Bemi Orojuogun a expliqué avoir choisi de profiter davantage de la vie et de faire de la joie un principe moteur de son quotidien.

Cette philosophie est devenue une composante de son image publique. Ses vidéos ne reposent ni sur des chorégraphies complexes ni sur des décors exceptionnels : quelques secondes devant un bus londonien ont suffi à créer un personnage immédiatement reconnaissable.

Devenue influenceuse sur le tard, Bemi Orojuogun incarne ainsi une évolution de la mode et de la culture numérique, où des personnalités autrefois absentes des représentations traditionnelles peuvent désormais accéder aux campagnes des grandes marques.

Des trottoirs de Londres aux événements de mode, la « Bus Aunty » démontre surtout qu’à l’ère des réseaux sociaux, il n’existe plus vraiment d’âge ni de parcours type pour devenir une icône de style.

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