Human Rights Watch a déclaré, jeudi, que des paramilitaires russes de l'Africa Corps, qui soutient le Mali dans sa lutte contre les insurgés, avaient tué neuf civils, dont quatre enfants, lors d'une opération menée le mois dernier.
HRW affirme que des paramilitaires russes ont tué 9 civils au Mali
Plus d’une centaine de combattants russes, accompagnés de plusieurs soldats maliens, ont pris d’assaut un village de la région centrale de Mopti à l’aube du 10 juillet, à la recherche de djihadistes, a indiqué HRW.
Bombori était sous le contrôle du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), lié à Al-Qaïda, depuis 2017 et ses combattants disposaient d’une base à proximité, a-t-il ajouté.
« Ils ont fait irruption dans des maisons du quartier de l’ethnie peule, ont traîné les gens dehors et ont rassemblé au moins 80 hommes et garçons sous un arbre », a déclaré l’organisation de défense des droits humains dans un communiqué.
L’ethnie peule est régulièrement accusée de grossir les rangs des djihadistes dans une grande partie de l’Afrique de l’Ouest.
« Là-bas, les combattants ont battu les hommes et les garçons, les ont interrogés sur leurs liens présumés avec des groupes armés islamistes et ont menacé de les tuer s’ils refusaient de fournir des informations », a déclaré HRW.
« Ils ont abattu six civils qui tentaient de s’enfuir, puis ont arrêté et exécuté trois autres, dont l’un a été décapité », a-t-elle ajouté.
Après le départ des combattants de l'Africa Corps, les habitants ont retrouvé neuf corps : cinq hommes et quatre enfants âgés de six à 17 ans, a indiqué HRW.
L’ONG a précisé avoir interrogé à distance 13 personnes, dont quatre témoins de l’attaque et neuf membres de la société civile et responsables communautaires.
Ce pays du Sahel est en proie depuis 2012 à une grave crise sécuritaire, alimentée notamment par les violences perpétrées par des djihadistes alliés à Al-Qaïda ou au groupe État islamique, ainsi que par des gangs criminels et des séparatistes armés.
La junte au pouvoir au Mali, arrivée à la tête du pays à la suite de deux coups d’État successifs en 2020 et 2021, s’est détournée de l’ancienne puissance coloniale, la France, pour se rapprocher de la Russie, tant sur le plan militaire que politique.