Amnesty International Afrique du Sud appelle les autorités à agir face à la multiplication des actes d’intimidation visant "les migrants, les commerçants et certaines communautés" à travers le pays.
Amnesty met en garde contre le harcèlement anti-immigrés en Afrique du Sud
Dans un communiqué publié le 4 août, l’organisation dénonce les pratiques de groupes d’autodéfense qui imposent des contrôles d’identité illégaux, forcent des personnes à quitter leurs commerces ou leurs logements et les exposent à des humiliations publiques.
Selon l’ONG, ces actions constituent des violations des droits humains et une remise en cause de l’État de droit. Amnesty accuse également certains policiers de rester passifs lors de ces opérations, voire d’être complices, alors que des personnes soupçonnées d’être en situation irrégulière sont parfois expulsées ou voient leurs biens endommagés.
L’organisation rappelle que seuls les agents de l’immigration et les forces de police sont habilités à appliquer les lois migratoires. Aucun particulier ou groupe organisé ne peut exiger des documents, pénétrer dans des propriétés privées ou expulser des personnes de leur lieu de vie ou de travail.
Cette situation intervient dans un climat de tensions croissantes autour de l’immigration en Afrique du Sud. Ces derniers mois, des mouvements anti-immigration ont multiplié les manifestations, notamment après l’appel du groupe March and March demandant aux immigrés sans papiers de quitter le pays avant le 30 juin. Malgré l’expiration de cette échéance, les mobilisations se poursuivent.
Amnesty met en garde contre la banalisation des discours hostiles aux étrangers et rappelle que l’Afrique du Sud a déjà connu de graves épisodes de violences xénophobes. En 2008, des attaques contre des ressortissants étrangers avaient fait 62 morts. Depuis, plusieurs vagues de violences et d’intimidations ont régulièrement touché les communautés migrantes.
Pour l’organisation, le gouvernement doit aller au-delà des déclarations et engager des enquêtes, des poursuites judiciaires et des mesures de responsabilisation.
Amnesty insiste sur le fait que les droits fondamentaux, notamment la dignité, la sécurité et la protection contre les abus, doivent être garantis à toute personne vivant en Afrique du Sud, quelle que soit sa nationalité ou son statut migratoire.