Afrique du Sud : le sort des derniers éléphants de zoo entre les mains de la justice

Charley, an ageing four-ton African elephant, is trained to enter a transport container, Friday Aug. 9, 2024 at the Pretoria, South Africa.   -  
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Les trois derniers éléphants encore présents dans un zoo sud-africain traditionnel sont entrés dans leur enclos en file indienne, des fruits et des légumes étant dispersés sur le sol pour les inciter à se nourrir naturellement.

Pour les visiteurs du célèbre zoo de Johannesburg, c’était l’occasion de voir le plus grand animal terrestre d’Afrique en chair et en os.

Mais pour les défenseurs du bien-être animal, il s’agit d’une scène de cruauté à laquelle ils ont demandé aux tribunaux de mettre fin, en ordonnant la libération du trio dans une réserve de réintroduction à la vie sauvage.

Dans une affaire soutenue par des experts internationaux en matière d’éléphants, les militants ont déclaré devant un tribunal en mai que des observations montraient que Lammie, âgée de 47 ans, Ramadiba, 28 ans, et Mopane, 26 ans, étaient en détresse et déprimés.

« Ces éléphants sont des êtres extrêmement intelligents, dotés d’une vie sociale complexe et doués de sensibilité, qui vivent dans des conditions préjudiciables à leur bien-être et qui, de ce fait, se trouvent dans un état de détresse », ont déclaré les trois parties à l’origine de cette affaire.

Le tribunal devrait « autoriser leur libération immédiate vers un sanctuaire adapté… où ils pourront se rétablir », ont-elles fait valoir.

Le jugement devrait être rendu dans les semaines à venir, a indiqué Megan Carr, chercheuse senior à la Fondation EMS, qui fait partie des requérants.

Mme Carr a déclaré à l’AFP que ces trois éléphants étaient les seuls à subsister dans un environnement de zoo urbain sur l’ensemble du continent.

« Ce sont les trois derniers éléphants présentés dans le cadre d’une exposition au sein d’un zoo traditionnel en Afrique du Sud et en Afrique », a-t-elle précisé.

Cette action en justice visant à obtenir leur libération fait suite au succès remporté par les militants qui ont obtenu, en 2024, la libération d’un éléphant âgé de 42 ans du zoo national de Pretoria pour le transférer dans une réserve privée, après des années de négociations avec le gouvernement sud-africain.

L’animal avait passé 40 ans dans cet établissement.

Une situation compromise

Lorsqu’une équipe de l’AFP s’est rendue au zoo de Johannesburg, un groupe de jeunes enfants s’est pressé vers une zone d’observation en criant : « Éléphant ! Éléphant ! », tandis que les trois animaux se déplaçaient lentement dans leur enclos.

Lammie, qui ne s’intéressait qu’à la nourriture, est née au zoo, l’un des rares en Afrique du Sud parmi une multitude de sanctuaires animaliers ou de réserves de chasse gérés par l’État ou des privés. Ramadiba et Mopane sont arrivés en 2019.

Le trio est bien soigné et a récemment reçu un certificat de bonne santé, a déclaré Jenny Moodley, porte-parole des parcs municipaux de Johannesburg.

L'établissement peut accueillir jusqu’à cinq éléphants et deux soigneurs sont affectés à chaque animal ; de la nourriture est dissimulée dans l’enclos pour les inciter à chercher leur pitance et à se déplacer, a expliqué un responsable non autorisé à s’exprimer auprès des médias.

Johannesburg City Parks and Zoo ne souhaite pas que le trio soit relâché, affirmant qu’ils sont adaptés à la vie en captivité, en particulier Lammie, qui n’a jamais vécu ailleurs.

S’ils devaient être transférés, le zoo ne serait plus en mesure d’offrir au public d’importantes possibilités en matière de recherche et d’éducation, a déclaré le directeur général Thanduxolo Mendrew dans des documents déposés dans le cadre de la procédure judiciaire, engagée après l’échec des négociations.

La présence de ces animaux au sein du zoo permettait aux écoliers, en particulier ceux issus de milieux défavorisés, de les voir en vrai, a-t-il ajouté.

M. Carr a rétorqué : « Pourquoi montreriez-vous à votre enfant un éléphant en mauvaise santé alors qu’il est bien plus facile pour lui de voir des éléphants dans une vidéo ou une émission de télévision ? »

« Ils ont besoin d’un espace immense pour rester en bonne santé et en forme, et aucun enclos n’est en mesure d’offrir cela à un éléphant. »

La nuit, les éléphants partagent deux enclos, d’une superficie de 160 mètres carrés (1 700 pieds carrés) chacun, soit une superficie inférieure à celle d’un court de tennis moyen, selon les militants.

Pendant la journée, ils sont autorisés à se déplacer librement dans un enclos non ombragé plusieurs fois plus grand, de la taille d’un terrain de football.

L'Afrique du Sud abrite environ 44 000 éléphants de savane, dont environ 6 000 appartiennent à des particuliers ou à des communautés, a indiqué le gouvernement en août dernier.

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