L’Assemblée populaire nationale algérienne (APN) a élu, mardi soir, pour la première fois de son histoire, une femme à sa présidence. Khalida Boufedeche, députée d’Alger et membre du Front de libération nationale (FLN), a été choisie pour prendre la tête de la chambre basse du Parlement. Elle devient ainsi le quatrième personnage de l’État.
Algérie : Khalida Boufedeche devient la première femme présidente de l’Assemblée
Médecin allergologue de profession, Khalida Boufedeche est membre du comité central du FLN, le parti historique de l’indépendance algérienne et une formation proche du pouvoir. Avant d’entrer à l’Assemblée nationale, elle avait exercé des responsabilités politiques locales, après avoir été élue dans sa commune de Bordj El Bahri, puis à l’assemblée de la wilaya d’Alger.
Son accession au « perchoir » intervient quelques semaines après les élections législatives du 2 juillet, remportées par le FLN avec 91 sièges sur les 407 que compte l’APN. Le scrutin a toutefois été marqué par une très faible mobilisation électorale : avec 21,24 % de participation, il a enregistré le taux le plus bas jamais observé pour des élections législatives en Algérie.
Trois candidats étaient en lice pour la présidence de l’APN. Outre Khalida Boufedeche, un député du Mouvement de la société pour la paix (MSP), principale formation islamiste représentée au Parlement avec 43 sièges, et un élu du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), parti laïque, briguaient également le poste.
Dans la nouvelle configuration de l’hémicycle, le FLN demeure la première force parlementaire, devant le Rassemblement national démocratique (RND), autre formation considérée comme proche du pouvoir, qui compte 74 députés. Le Front El Moustakbal, également perçu comme favorable aux autorités, dispose pour sa part de 56 sièges.
Une avancée symbolique dans un Parlement très peu féminisé
L’élection de Khalida Boufedeche constitue une première institutionnelle majeure, mais elle intervient dans un contexte de recul marqué de la représentation des femmes au sein de l’Assemblée. Seules 25 femmes ont été élues lors des dernières législatives, soit 6,14 % des sièges, alors qu’elles représentent près de la moitié de la population algérienne.
La comparaison avec les législatures précédentes souligne l’ampleur de cette baisse. L’APN comptait 38 femmes députées en 2021, contre 118 en 2017, à la suite d’élections organisées sous un régime de quotas favorisant la représentation féminine.
Dans son premier discours après son élection, Khalida Boufedeche a présenté son accession à la présidence de l’APN comme un tournant pour le pays. Elle a estimé que le fait qu’une femme préside pour la première fois cette institution constitutionnelle témoignait des transformations engagées en Algérie et de la volonté politique de consolider l’État de droit, de renforcer les institutions et de promouvoir les compétences nationales.