Un an après le massacre de Komanda, les cloches de l'église ont de nouveau résonné ce lundi dans cette cité du territoire d'Irumu, en province de l'Ituri.
RDC : un an après le massacre de Komanda, entre mémoire et quête de sécurité
Mais, cette fois, elles sonnaient en mémoire des victimes de l'une des attaques les plus meurtrières attribuées aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), un groupe armé affilié à l'organisation État islamique selon les Nations unies et plusieurs partenaires internationaux.
Un an après le massacre de juillet 2025, qui avait coûté la vie à plus d'une cinquantaine de personnes, dont de nombreux fidèles réunis dans une église catholique, familles endeuillées, rescapés, autorités locales et responsables religieux se sont rassemblés lors d'une messe commémorative.
Entre prières, chants et moments de recueillement, la cérémonie a ravivé une douleur toujours vive au sein de cette communauté profondément marquée par la violence. Au cours de son homélie, le curé de la paroisse de Komanda, l'abbé Aimé Lokana, a rappelé que le drame ne s'est pas arrêté au jour de l'attaque.
Plusieurs habitants demeurent encore portés disparus ou retenus en captivité dans la brousse, a-t-il souligné, appelant les autorités à intensifier leurs efforts pour retrouver les personnes encore entre les mains des groupes armés. "Nous avons encore nos inquiétudes pour certains des nôtres qui sont toujours en brousse après avoir été pris en otage.
Certains sont morts, d'autres ont pu rentrer, mais il y en a encore qui ne sont pas revenus. Nous exhortons les services de l'État, en particulier ceux chargés de la sécurité, à mettre en œuvre les stratégies nécessaires afin que ces personnes puissent regagner leurs milieux", a déclaré l'abbé Aimé Lokana.»
Dans la nuit du 26 au 27 juillet 2025, les rebelles des ADF avaient pris pour cible plusieurs secteurs de Komanda, semant la terreur parmi les habitants. Une église, où des fidèles participaient à un rassemblement religieux, figurait parmi les lieux visés.
Le massacre avait suscité une vive émotion en République démocratique du Congo et au-delà de ses frontières. Douze mois plus tard, les cicatrices restent profondes.
Pour les survivants et les proches des victimes, la cérémonie de ce lundi a ravivé des souvenirs douloureux. "La douleur est toujours présente. Aujourd'hui, cela fait un an, et le fait de participer à cette commémoration ravive une fois de plus notre souffrance", confie Paluku Alexis, rescapé de l'attaque.
Même émotion chez Rachel Masika, qui a perdu un proche lors du massacre. Pour elle, le recueillement est aussi un moment d'espérance. "Nous prions pour notre pays afin que la paix revienne et que Dieu mette un terme, un jour, à la situation difficile que nous traversons", dit-elle.
À première vue, Komanda retrouve progressivement son rythme de vie. Les commerces ont rouvert, les marchés sont de nouveau fréquentés et les habitants circulent plus librement qu'au lendemain de l'attaque. Selon la société civile locale, la situation sécuritaire s'est améliorée grâce au renforcement des patrouilles conjointes entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la Police nationale congolaise.
"À un moment donné, il n'y avait même plus de circulation nocturne. Aujourd'hui, les habitants peuvent circuler jusqu'à 20 heures, voire 22 heures, et nous constatons des patrouilles conjointes entre la police et les FARDC. Cela nous rassure quant à l'amélioration de la sécurité dans notre agglomération et ses environs", explique Dieudonné Tandishabo, président de la société civile de Komanda.»
Malgré ces progrès, les habitants restent prudents. La menace des groupes armés demeure présente dans plusieurs zones rurales de l'Ituri, où les attaques contre les civils continuent d'être signalées. Au traumatisme laissé par les violences s'ajoute une autre épreuve.
La province de l'Ituri fait également face à une importante épidémie d'Ebola, qui a déjà fait plus d'un millier de morts selon les autorités sanitaires. Cette double crise sécuritaire et sanitaire continue de fragiliser les communautés locales et de compliquer les efforts de reconstruction.
Pour les habitants de Komanda, cette commémoration dépasse le simple devoir de mémoire. Elle constitue aussi un appel à une paix durable, à une meilleure protection des populations civiles et à des actions concrètes pour empêcher qu'un tel drame ne se reproduise.