La commission d’éthique du Comité international olympique (CIO) ne donnera pas suite à la plainte déposée contre Gianni Infantino, président de la Fédération internationale de football association (FIFA) et membre de l’instance olympique depuis 2020.
Le CIO classe sans suite la plainte visant le président de la FIFA
Saisie au début du mois de juillet par l’ONG britannique FairSquare, la commission a estimé, vendredi 24 juillet, que les griefs formulés à l’encontre du dirigeant italo-suisse échappaient à sa compétence.
Selon un porte-parole du CIO cité par l’Agence France-Presse, la plainte porte exclusivement sur « les décisions de la FIFA en matière de gouvernance et de gestion », notamment ses relations avec les pouvoirs publics, ainsi que sur « l’application des règles de son sport ». Or, en vertu de la Charte olympique, chaque fédération internationale conserve son indépendance et l’autonomie de sa gouvernance. La saisine de FairSquare est donc, selon le CIO, « hors de la juridiction » de sa commission d’éthique et ne donnera lieu à aucune enquête formelle.
FairSquare reprochait à Gianni Infantino de s’être écarté à plusieurs reprises du principe de neutralité politique auquel sont tenus les membres du CIO. La Charte olympique érige cette neutralité en principe fondamental de l’olympisme, tandis que le serment prêté par les membres de l’instance les engage à agir indépendamment des intérêts commerciaux et politiques.
Au cœur des critiques figure la relation particulièrement étroite affichée par le président de la FIFA avec Donald Trump. En février, le CIO avait déjà été interpellé sur la participation de Gianni Infantino au « Conseil de paix » organisé à l’initiative du président américain. Le dirigeant de la FIFA avait notamment été photographié portant une casquette rouge marquée « USA » et « 45-47 », en référence aux deux mandats présidentiels de Donald Trump. À l’époque, le CIO avait défendu le rôle de la FIFA, estimant que son engagement dans un programme d’investissement destiné à soutenir la reconstruction du sport à Gaza et en Palestine relevait de ses prérogatives, sans toutefois commenter le port de la casquette par son président.
Les relations entre les deux hommes ont également pris une dimension institutionnelle et symbolique en décembre 2025, lorsque Gianni Infantino avait remis personnellement à Donald Trump un « prix de la paix » de la FIFA, lors du tirage au sort de la phase de groupes de la Coupe du monde 2026. La compétition, organisée aux Etats-Unis, au Canada et au Mexique, s'est déroulée du 11 juin au 19 juillet.
C’est toutefois la gestion du dossier Folarin Balogun qui a ravivé les interrogations sur une éventuelle proximité politique susceptible d’influencer les décisions de la FIFA. L’attaquant américain, expulsé lors d’une rencontre de la compétition, devait en principe purger une suspension automatique d’un match. Or la FIFA a finalement levé cette sanction, une décision intervenue après que Donald Trump eut affirmé avoir appelé Gianni Infantino à ce sujet.
Le président de la FIFA a assuré avoir répondu au chef de l’Etat américain que la commission de discipline de l’organisation était indépendante. Cette explication n’a cependant pas suffi à dissiper les soupçons d’une possible intervention politique dans le processus disciplinaire, au moment même où les Etats-Unis étaient engagés dans la compétition organisée sur leur sol.
Le rejet de la plainte par le CIO ne met pas fin aux contestations. Jeudi, Lise Klaveness, présidente de la Fédération norvégienne de football, a annoncé son intention de saisir la commission d’éthique de la FIFA au sujet de l’intervention présumée de Donald Trump dans l’« affaire Balogun ». Cette nouvelle démarche pourrait être examinée conjointement avec une précédente plainte déposée en juin par la Fédération norvégienne et FairSquare concernant l’attribution par la FIFA de son « prix de la paix » au président américain.
Le dossier se déplace ainsi du terrain olympique vers celui de la gouvernance interne du football mondial. Le CIO rappelle que sa commission d’éthique ne dispose pas d’un pouvoir d’enquête autonome lui permettant d’engager librement des procédures et de sanctionner directement les responsables concernés : elle peut formuler des recommandations à l’attention du conseil exécutif du CIO, présidé par Kirsty Coventry.
La décision rendue vendredi ferme donc la voie à un examen du comportement de Gianni Infantino au titre des règles éthiques olympiques, mais laisse entière la question de la conduite de la FIFA et de ses dirigeants, désormais susceptible d’être examinée par les propres instances éthiques de la fédération internationale.