Bissau : Domingos Simoes Pereira remis en liberté pour raisons médicales

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Le principal opposant bissau-guinéen, Domingos Simões Pereira, a été remis en liberté jeudi pour raisons médicales. Selon des sources judiciaires et sécuritaires citées par l'AFP, il a quitté Bissau pour le Portugal où il doit recevoir des soins spécialisés.

La Guinée-Bissau est dirigée par une junte militaire depuis le coup d'État du 26 novembre 2025, qui a renversé le président Umaro Sissoco Embaló. Chef du PAIGC, le parti historique qui a conduit le pays à l'indépendance en 1974 et aujourd'hui principale force d'opposition, Domingos Simões Pereira avait été arrêté le jour de la prise de pouvoir par le général Horta N'Tam.

Libéré une première fois en janvier avant d'être placé en résidence surveillée, l'opposant avait de nouveau été incarcéré le 10 juillet. La justice militaire le soupçonne d'être impliqué dans deux tentatives présumées de coup d'État, fin 2023 et en octobre 2025, ainsi que dans des infractions à caractère économique.

Dans un document judiciaire consulté par l'AFP, les autorités indiquent que sa demande de remise en liberté a été acceptée après que l'hôpital militaire sino-guinéen de Bissau a estimé que son état de santé ne pouvait être pris en charge dans le pays. Son transfert vers le Portugal a donc été autorisé afin qu'il puisse bénéficier d'un traitement adapté.

Une source judiciaire a précisé que cette décision relevait de « raisons humanitaires », soulignant que des médecins militaires avaient confirmé la gravité de son état de santé. Jeudi après-midi, une source sécuritaire a confirmé sa présence à l'aéroport de Bissau en vue de son départ.

L'armée avait annoncé, le 31 octobre 2025, avoir déjoué une « tentative de subversion de l'ordre constitutionnel », quelques heures avant l'ouverture de la campagne pour les élections générales du 23 novembre.

Les avocats de Domingos Simões Pereira ainsi que son parti dénoncent des poursuites arbitraires et un acharnement politique destiné à l'écarter de la prochaine élection présidentielle, prévue le 6 décembre.

Avant même le putsch de novembre 2025, la Guinée-Bissau, ancienne colonie portugaise d'Afrique de l'Ouest, était déjà marquée par une longue instabilité politique, avec quatre coups d'État et de nombreuses tentatives de putsch depuis son indépendance.

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