Le Botswana met en garde contre un phénomène qu'il juge de plus en plus préoccupant. Selon le gouvernement, un nombre croissant de ses ressortissants sont piégés par de fausses offres d'emploi ou de formation avant d'être envoyés combattre contre l'Ukraine sous uniforme russe.
Le Botswana dénonce les recrutements par la Russie pour la guerre en Ukraine
Le ministère botswanais des Relations internationales affirme recevoir des appels de détresse de citoyens déjà déployés sur le front, qui décrivent des conditions de combat particulièrement dangereuses. Les autorités parlent d'une augmentation « alarmante » de ces recrutements, sans préciser combien de Botswanais sont actuellement engagés dans le conflit. En décembre dernier, au moins deux jeunes ressortissants avaient déjà été identifiés comme victimes de ce type de stratagème.
Le Botswana n'est pas un cas isolé. Selon le collectif All Eyes on Wagner, plus de 1 400 Africains auraient été recrutés par la Russie entre janvier 2023 et septembre 2025 pour combattre en Ukraine. Plus de 300 d'entre eux auraient perdu la vie. Le collectif évoque une stratégie organisée visant à pallier le manque de combattants russes, en exploitant les difficultés économiques de nombreux jeunes Africains à travers des réseaux de recrutement transnationaux.
Plusieurs gouvernements africains ont déjà réagi. Le Kenya affirme avoir obtenu de Moscou l'engagement de mettre fin au recrutement de ses ressortissants. Le Ghana, qui estime que 272 de ses citoyens ont été attirés dans le conflit, promet de démanteler les réseaux criminels responsables de ces recrutements illégaux. Le Cameroun et plusieurs pays d'Afrique australe ont également signalé des cas similaires.
Face à cette situation, les autorités botswanaises appellent leurs citoyens à la plus grande vigilance face aux offres d'emploi ou de formation à l'étranger qui pourraient masquer des opérations d'enrôlement forcé.