Kenya : MSF ouvre un centre de simulation dédié à la lutte contre Ebola

Un professionnel de santé à Bunia, dans l'est de la RDC, le 3 juillet 2026   -  
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À Kajiado, en périphérie de Nairobi, des médecins, infirmiers, cliniciens et techniciens de laboratoire enfilent des combinaisons de protection intégrales avant de pénétrer dans des salles reproduisant les conditions d'un centre de traitement Ebola. Ce site de simulation, mis en place par Médecins sans frontières (MSF), prépare les personnels de santé qui seront prochainement déployés en République démocratique du Congo (RDC), épicentre d'une épidémie d'une ampleur exceptionnelle.

Déclarée à la mi-mai, l'épidémie a déjà provoqué au moins 600 décès. Selon les autorités sanitaires africaines, il s'agit de la flambée de maladie à virus Ebola connaissant la progression la plus rapide jamais observée sur le continent. Au total, 1 759 cas confirmés ont été recensés, dont 112 concernent des professionnels de santé ; 35 d'entre eux ont succombé à la maladie.

L'épidémie se développe dans une région marquée par une pauvreté extrême, l'insécurité liée à la présence de multiples groupes armés et une forte circulation de fausses informations. Cette désinformation conduit une partie de la population à refuser les traitements, à ignorer les mesures de prévention ou, dans certains cas, à s'en prendre aux équipes médicales.

Le centre de formation kényan reproduit l'ensemble de l'environnement opérationnel d'un centre de traitement : chambres équipées de lits, mannequins, laboratoire factice et matériel de protection individuelle. Son objectif est de préparer les intervenants aux contraintes techniques, psychologiques et humaines d'une mission en zone d'épidémie.

« Les personnels de santé, qu'il s'agisse de médecins, d'infirmiers, de cliniciens ou de techniciens de laboratoire, sont formés à reconnaître les signes et symptômes d'Ebola, à réduire les risques de transmission dans les établissements de santé comme au sein des communautés », explique Angela Thiongo, coordinatrice du projet pour MSF. L'organisation forme également des agents chargés de la mobilisation communautaire afin de favoriser le repérage précoce des cas suspects et leur prise en charge rapide.

La formation dépasse cependant les seuls aspects médicaux. Les stagiaires apprennent à conduire des enterrements sécurisés, à prévenir la stigmatisation des personnes guéries et à instaurer un climat de confiance avec des populations souvent déstabilisées par l'arrivée de soignants revêtus d'équipements de protection intégrale.

« Souvent, on sort d'un hôpital ou de l'université avec les connaissances nécessaires et l'on pense être prêt. Mais une fois dans un équipement de protection individuelle, c'est une tout autre réalité », témoigne Cisse Papa Ndiaga, agent de santé communautaire sénégalais de 43 ans, qui sera prochainement déployé en RDC. Selon lui, l'intervention exige non seulement de maîtriser les protocoles sanitaires, mais aussi de gérer son propre stress, celui de ses collègues ainsi que la peur des patients.

Pour Diana Corben, médecin de MSF en République centrafricaine et formatrice au centre, l'adhésion des communautés constitue l'une des conditions essentielles du succès des opérations. Face à des populations parfois inquiètes ou méfiantes, les équipes doivent faire preuve d'empathie, prendre le temps d'expliquer les procédures sanitaires et favoriser l'acceptation des centres de traitement.

Ouvert à la mi-juin, le centre de Kajiado doit fonctionner au moins jusqu'à la fin du mois d'août et forme environ une centaine de personnes chaque mois. Principalement destiné aux personnels de MSF dans un premier temps, il accueillera également des agents du ministère kényan de la Santé ainsi que des membres d'autres organisations humanitaires intervenant dans la région.

À l'issue de cette préparation, Cisse Papa Ndiaga estime aborder sa mission avec davantage de sérénité. « Je ne suis pas certain d'être totalement prêt, mais j'ai moins peur », confie-t-il, conscient que la réalité du terrain sera encore plus exigeante que les exercices de simulation.

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