Paris, France : Marine Le Pen autorisée à se présenter à la présidentielle, mais avec un bracelet

Far-right leader Marine Le Pen arrives at the courtroom for the verdict of her appeals trial, in Paris, France, Tuesday, July. 7, 2026.   -  
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L’avenir politique de la présidente de l’extrême droite française, Marine Le Pen, restait incertain mardi après qu’un tribunal l’a autorisée à se présenter à l’élection présidentielle, mais avec un bracelet électronique à la cheville, ce qui pourrait entraver sa campagne pour l’élection présidentielle de l’année prochaine, alors que son parti a plus que jamais de chances d’accéder au pouvoir.

L’année dernière, un tribunal de première instance avait condamné Marine Le Pen, âgée de 57 ans, à une interdiction d’exercer des fonctions publiques pendant cinq ans et à une peine de deux ans de prison pour une affaire d’emplois fictifs au Parlement européen, compromettant ainsi les espoirs de cette candidate, trois fois à la présidentielle, de succéder au président centriste sortant Emmanuel Macron.

La cour d’appel de Paris a reconnu Marine Le Pen coupable dans cette affaire, mais a réduit la peine, la condamnant à une interdiction d’exercer une fonction publique de 15 mois ainsi qu’à une peine d’un an à purger avec un bracelet électronique.

Prévue à compter de mars 2025, cette interdiction aurait dû expirer cette année, lui ouvrant en principe la voie pour se présenter aux élections prévues en avril et mai de l’année prochaine.

Mais elle a déclaré qu’elle pourrait ne pas se présenter si cette condamnation l’empêchait de faire campagne.

« Quand on est candidat à la présidence, il faut être totalement libre de ses mouvements », a-t-elle déclaré la semaine dernière lors d’une interview télévisée.

« Je ne peux pas dépendre d’un magistrat pour m’autoriser à me rendre à un meeting. »

Mme Le Pen, qui a quitté le tribunal mardi, la tête baissée, pourrait encore confier la candidature à son bras droit, Jordan Bardella, âgé de 30 ans, le chef du Rassemblement national (RN).

Elle devrait annoncer sa décision dans le courant de la journée de mardi.

- « Partiellement » satisfaite -

Son avocat, Rodolphe Bosselut, s’est dit « partiellement » satisfait du verdict.

« Nous constatons un revirement considérable dans les peines, notamment en ce qui concerne l’inéligibilité, ce qui constitue pour nous un point extrêmement important », a-t-il déclaré.

En première instance, Marine Le Pen — ainsi que 24 anciens députés européens, assistants et comptables, ainsi que le parti anti-immigration lui-même — avait été reconnue coupable d’avoir mis en place, de 2004 à 2016, un système visant à utiliser les fonds du Parlement européen pour employer du personnel du RN en France.

Marine Le Pen a affirmé que son parti était victime d’une « chasse aux sorcières », et les juges ont reçu des menaces de mort.

Marine Le Pen, le parti et dix autres personnes ont interjeté appel.

Au cours du procès en appel, elle a nié que le RN ait mis en place un système de détournement de fonds du Parlement européen, et a déclaré que son parti avait agi en « toute bonne foi ».

Mais le parquet soutient qu’après avoir pris la tête du parti en 2011, elle a « professionnalisé » un système de détournement de fonds européens initialement mis en place de manière désordonnée par son défunt père, le cofondateur du parti Jean-Marie Le Pen.

Ils avaient demandé au tribunal de maintenir une interdiction de cinq ans et avaient requis une peine de quatre ans, dont trois avec sursis.

- « Très intelligente » -

Les récents sondages d’opinion indiquent largement que l’extrême droite sera en tête au premier tour du scrutin de l’année prochaine, mais les avis divergent quant à l’issue du second tour.

Beaucoup ont donné des résultats légèrement meilleurs à Marine Bardella qu’à Marine Le Pen, mais leurs adversaires en ont déduit que la politicienne chevronnée serait une adversaire plus redoutable.

« Cette femme est très intelligente, elle n’est pas là par hasard. Et si elle se présente effectivement une quatrième fois, elle ne sera pas une adversaire que l’on pourra prendre à la légère », a déclaré le candidat d’extrême gauche Jean-Luc Mélenchon.

Un sondage réalisé en mai suggérait que Marine Le Pen pourrait remporter le second tour l’année prochaine si elle était autorisée à se présenter.

Le sondage Harris Interactive Toluna, mené auprès de plus de 1 700 électeurs inscrits, la donnait gagnante face à Jean-Luc Mélenchon ainsi qu’aux anciens Premiers ministres centristes Gabriel Attal et Édouard Philippe.

D'autres sondages ont toutefois laissé entendre que M. Philippe — qui courtise également les électeurs de droite — pourrait l'emporter au second tour face à l'extrême droite.

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