Ghana : l’inflation rebondit avec le coût des denrées non alimentaires

Le président ghanéen John Dramani Mahama prononce un discours lors de la séance d'ouverture du « Sommet One Health » à Lyon, en France, le mardi 7 avril 2026.   -  
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Christophe Petit Tesson/Pool Photo via AP

Le Service statistique du Ghana a indiqué que le taux d’inflation annuel du pays avait grimpé à 5,3 % en juin 2026, contre 3,7 % en mai, soit une hausse de 1,6 point de pourcentage largement due à l’augmentation des prix des produits non alimentaires.

Trois mois consécutifs de hausse, même à partir d’un niveau de base faible, peuvent indiquer que la tendance désinflationniste sur laquelle s’est appuyé le pays commence à s’essouffler.

Malgré cette hausse, l’inflation reste nettement inférieure aux 13,7 % enregistrés en juin 2025, ce qui indique que les pressions sur les prix continuent de s’atténuer par rapport à la même période de l’année dernière. Le GSS a précisé que l’indice des prix à la consommation est passé de 257,3 en juin de l’année dernière à 270,8 en juin de cette année.

En glissement mensuel, toutefois, l’inflation a ralenti à 0,2 %, contre 1,1 % en mai, ce qui suggère que, si les prix ont continué à augmenter, le rythme de cette hausse s’est modéré.

Quels sont les facteurs à l’origine de la hausse des prix ?

L’inflation des produits non alimentaires est restée le principal moteur de la hausse globale des prix, passant de 4,1 % en mai à 6,3 % et représentant 68,5 % de l’inflation totale.

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La ventilation des données met en évidence la hausse des coûts dans des domaines que les ménages ne peuvent pas facilement éviter. Les tarifs des transports ont enregistré la contribution la plus importante, représentant 10,5 % de l’inflation globale. Les loyers suivent avec 8,4 %, tandis que les frais de scolarité dans l’enseignement secondaire ont contribué à hauteur de 7,2 %.

La catégorie des produits non alimentaires a été largement tirée par l’inflation des services, qui s’est établie à 9,4 %, reflétant une pression persistante dans ce secteur.

L’inflation alimentaire a également progressé, passant de 3,3 % le mois précédent à 3,9 %.

Les produits locaux ont affiché un taux d’inflation en glissement annuel de 6,7 %, contre 5,0 % en mai, contribuant à hauteur de 86,6 % à l’inflation globale. En revanche, l’inflation des biens importés est passée de 0,9 % à 2,3 %. La contribution disproportionnée des produits locaux indique que ce sont les pressions sur les coûts intérieurs — salaires, énergie et transports — plutôt que les chocs sur les prix à l’importation qui ont été le principal moteur de la hausse observée en juin. L’inflation des services s’est établie à 9,4 %, bien qu’elle ait légèrement reculé par rapport aux 9,9 % enregistrés en mai.

Un tableau régional contrasté

Au niveau régional, la région du Nord-Est a enregistré le taux d’inflation le plus élevé en juin, à 10,2 %, tandis que la région de Bono-Est a affiché le taux le plus bas, à -4,4 %, reflétant une baisse des prix moyens sur la période.

L’écart important entre les régions met en évidence le caractère inégal de la dynamique des prix au Ghana, les conditions d’approvisionnement locales, l’accessibilité des transports et la structure du marché jouant toutes un rôle dans la manière dont l’inflation se fait sentir au niveau régional.

Ces trois hausses mensuelles consécutives maintiendront la pression sur le comité de politique monétaire de la Banque du Ghana, qui a dû prendre ses décisions en matière de taux dans un contexte d’inflation en baisse mais toujours élevée.

Le programme de relance du Ghana, soutenu par le FMI, encadre les politiques budgétaire et monétaire depuis 2023, et tout renversement durable de la tendance à la désinflation viendrait compliquer ce cadre.

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