Bénin : à Sè, les femmes conservent les secrets de la poterie

Des marmites, jarres, canaris et plats en terre cuite   -  
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Ses mains connaissent chaque geste par cœur. Solange Akakpo façonne l’argile depuis l’enfance. Membre de l’association de femmes potières « Akpénin Mahou », elle perpétue un héritage familial à Sè, dans le sud-ouest du Bénin, à une centaine de kilomètres de Cotonou

 ''Nous avons hérité ce métier de nos mères, qui fabriquaient déjà des marmites et des vases en terre cuite. En premier lieu, à l'arrivée de l'argile, nous la concassons et la faisons sécher au soleil, puis nous la remettons dans l'eau de puits pour obtenir la pâte d'argile. Nous récupérons les débris de jarres cassées après la cuisson et les écrasons pour obtenir une poudre que nous mélangeons à la pâte d'argile. Après cela, nous enchaînons avec les autres étapes jusqu'à la cuisson.'', raconte l'artiste.

Après le concassage et la préparation de l’argile, son mélange avec de l’eau permet d’obtenir une pâte homogène. Les artisanes poursuivent ensuite le travail à la main pour affiner la texture en vue du façonnage. Les produits sont prêts en 72 heures. 

''Il faut ensuite laisser la pièce à l'ombre pendant 72 heures avant de procéder à la finition. Elle restera ensuite dans le magasin pour sécher pendant au moins trois semaines. Pour lui donner une certaine beauté, nous appliquons de l'argile rouge sur le plat avant de l'envoyer à la cuisson. Lorsqu'il a fini de cuire, nous sommes soulagées après tous ces efforts. À ce stade, nous sommes contentes, puis nous le commercialisons'', explique Solange Akakpo.

Les femmes reçoivent chaque mois des commandes de plusieurs villes du pays et de l’extérieur.  Christmine est venue à Sè récupérer ses commandes de jarres et de marmites pour son restaurant situé à Cotonou. Elle qui vante les mérites de ces produits.  

''Donc, les marmites aussi conservent vraiment la chaleur, gardent les propriétés de l'argile et donnent de la longévité. Elles conservent nos repas et, lorsque l'on prépare dans les marmites en argile, cela donne un goût différent de celui obtenu avec les autres marmites. Donc, cela a tellement de vertus qu’on ne peut ignorer.'', affirme-t-elle.

Plus loin, le long de la route traversant Sè, marmites, jarres, canaris et plats en terre cuite sont exposés à la vue des passants, témoignant de l'importance de la poterie dans la vie économique et culturelle de la localité. 

''Quand on parle du festival Adjra, les gens se disent : "Ah, c'est un événement qui se passe à Sè." De la même manière, lorsque les gens prennent la route depuis Cotonou et dépassent Comè, pour identifier la localité de Sè, c'est tout de suite la poterie qui les attire'', déclare Calixte Adankpo, Responsable au finance de l’ONG Art et Développement du Bénin 

Ainsi, face aux mutations des modes de consommations, les potières de Sè s’adaptent progressivement et innovent, entre objets décoratifs et pièces artisanales. De quoi assurer, à l'argile de Dota, un avenir aussi solide que sa tradition.

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