Maroc : deux politiques condamnés dans l’affaire "Escobar du Sahara"

26 avril 2014, on voit des agents de police marocains lors d'une opération de recherche de trafiquants de drogue à Casablanca   -  
Copyright © africanews
Copyright 2014 AP. All rights reserved.

La justice marocaine a infligé de lourdes peines de prison à deux anciens responsables politiques de premier plan dans le cadre d’un vaste procès lié à un réseau international de trafic de stupéfiants.

À l’issue d’une audience tenue jeudi à Casablanca, Said Naciri, ancien président du club de football du Wydad de Casablanca et ex-dirigeant du Parti de l’authenticité et de la modernité (PAM), a été condamné à dix ans de réclusion. Abdennabi Bioui, autre figure influente du même parti et ancien responsable régional, a quant à lui écopé d’une peine de douze ans de prison.

Les deux hommes faisaient partie d’un groupe de plus de vingt accusés poursuivis dans une affaire de trafic de drogue, de corruption, de faux et de détention, vente et exportation de stupéfiants. Ils contestent l’ensemble des accusations portées contre eux.

Le dossier est lié à Ahmed Ben Brahim, un trafiquant malien surnommé « l’Escobar du Sahara », qui purge déjà une peine de dix ans de prison au Maroc depuis 2019. Ce dernier affirme que les deux responsables politiques l’ont aidé à organiser des opérations de trafic de drogue entre le Maroc, l’Afrique du Nord et la région du Sahel.

Ben Brahim les accuse également de s’être approprié l’une de ses propriétés situées dans un quartier huppé de Casablanca. Toutefois, il n’a pas comparu à la barre durant ce procès, qui s’est étalé sur plus de deux ans.

Au cours des audiences, les enquêteurs se sont également intéressés à l’origine de plusieurs millions d’euros accumulés par les deux hommes au fil des années. Naciri et Bioui ont soutenu que l’ensemble de leurs avoirs provenait d’activités commerciales légales.

Leurs avocats ont dénoncé un dossier reposant essentiellement sur les déclarations du trafiquant malien condamné, estimant que l’accusation n’avait produit aucune preuve matérielle directe permettant d’étayer les faits reprochés.

Ouvert en 2024, ce procès est considéré comme une première au Maroc en raison de l’implication de personnalités politiques de premier plan dans une affaire de trafic international de drogue. Les motivations détaillées du jugement n’étaient pas encore connues au lendemain du verdict, les avocats de la défense affirmant ne pas avoir reçu le texte complet de la décision judiciaire.

L’annonce des condamnations a provoqué une vive émotion à la Cour d’appel de Casablanca, où les réactions des familles et des proches des accusés ont ponctué l’audience.

Voir sur Africanews
>