En Afrique du Sud, des prisons s'ouvrent à l'art pour briser le cycle de la récidive

Des participants visitent une exposition d'œuvres d'art réalisées ar des détenus au centre pénitentiaire de Leeuwkop, à Johannesburg, en Afrique du Sud, lundi 22 juin 2026.   -  
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Lorsque l’on évoque la prison, l’imaginaire collectif renvoie souvent à des barreaux, des cellules verrouillées et une liberté suspendue.

Pourtant, dans un établissement pénitentiaire de Johannesburg, la plus grande ville d’Afrique du Sud, les visiteurs découvrent une réalité différente : une galerie d’art.

Cette exposition d’œuvres réalisées par des détenus s’inscrit dans une stratégie nationale visant à réduire la récidive grâce à des programmes de réinsertion culturelle et éducative. Depuis 2023, le Département des services pénitentiaires a ouvert neuf galeries d’art et d’artisanat au sein des prisons du pays.

L’objectif est multiple : permettre aux détenus de développer des compétences, de générer un revenu et de préparer leur retour dans la société. Dans la prison de Leeuwkop, par exemple, les créations de 34 détenus sont aujourd’hui exposées, offrant aux visiteurs un aperçu de parcours marqués par la transformation personnelle.

Les détenus eux-mêmes ont accès aux œuvres de leurs codétenus, dans un environnement où l’expression artistique devient un outil de dialogue et de reconstruction.

Parmi eux, Freddy Mongkoai participe au programme artistique depuis octobre. Âgé de 51 ans, il purge une peine de 12 ans pour meurtre, après avoir pris part à un acte de « justice populaire ». Depuis son incarcération, il s’est tourné vers la peinture et la sculpture en papier mâché.

Pour lui, ces initiatives permettent aussi de changer le regard porté sur les prisonniers. Il estime que ces œuvres peuvent aider le public à mieux comprendre leur réalité et leur humanité.

À sa sortie, il ambitionne de créer une galerie d’art et d’employer d’autres anciens détenus, afin de les aider à éviter la récidive.

Le programme repose également sur un accompagnement psychologique et introspectif. Selon Unathi Mahlati, responsable de programme senior chez Just Detention International South Africa, les participants sont encouragés à explorer leurs émotions et leurs besoins, dans un environnement souvent marqué par la rigidité et la discipline.

Cette approche vise à offrir un espace où les détenus peuvent simplement être eux-mêmes, malgré les contraintes du milieu carcéral.

Au-delà de la création artistique, ces initiatives cherchent à favoriser l’acquisition de compétences et la préparation à une vie hors de prison, dans un pays où les taux de récidive peuvent atteindre jusqu’à 95 %, selon certaines estimations.

Les autorités pénitentiaires rappellent que cette problématique contribue fortement à la surpopulation carcérale. Dans des établissements souvent confrontés à la violence, aux gangs et au manque de ressources, la réinsertion apparaît ainsi comme un enjeu central des politiques pénales sud-africaines.

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