Réunis le 16 juin 2026 à Abidjan dans le cadre de l’« Initiative Cacao Côte d’Ivoire–Ghana », les présidents Alassane Ouattara et John Dramani Mahama ont acté une série de mesures structurantes visant à renforcer leur coordination face à la volatilité des cours, aux défis climatiques et aux mutations du marché mondial du cacao.
Cacao : un front commun renforcé entre la Côte d’Ivoire et le Ghana
Les deux premiers producteurs mondiaux de cacao, la Côte d’Ivoire et le Ghana, ont franchi un nouveau cap dans leur coopération stratégique. Réunis sous l’égide de l’Initiative Cacao, les deux États, qui assurent à eux seuls plus de 60 % de la production mondiale, ont annoncé une harmonisation de leurs politiques de prix bord champ, confiées respectivement au Conseil Café-Cacao et au Cocobod. Objectif affiché : parler d’une seule voix pour mieux encadrer les revenus des planteurs et limiter l’exposition aux fluctuations internationales.
Autre décision majeure, la synchronisation des campagnes de commercialisation, désormais fixées au 1er septembre dans les deux pays. Une mesure présentée comme une avancée sociale autant qu’économique, cette période coïncidant avec des tensions financières récurrentes pour les producteurs.
Les deux pays ont également décidé d’ouvrir leur initiative à d’autres pays producteurs, notamment le Cameroun et le Nigeria. Une extension qui pourrait porter le bloc à près de 75 % de la production mondiale, renforçant considérablement son poids dans les négociations face aux industriels du chocolat et aux places boursières de Londres et New York.
Dans un contexte marqué par la volatilité des cours, le vieillissement des plantations, les maladies du cacaoyer et la pression climatique, les dirigeants ont insisté sur la nécessité d’une réponse collective. L'initiative Cacao Côte d’Ivoire–Ghana entend ainsi consolider un front commun africain, déjà illustré par le mécanisme du Différentiel de Revenu Décent (DRD), destiné à garantir un revenu minimum aux producteurs.
Les chefs d’État ont également alerté sur les défis structurels et externes : déforestation, orpaillage illégal, exigences croissantes de traçabilité imposées notamment par l’Union européenne, mais aussi montée en puissance de substituts industriels au cacao. Une évolution que les deux dirigeants ont relativisée, en défendant l’importance du cacao naturel et la solidité de la demande mondiale.