La manifestation organisée vendredi dernier par la Coalition Article 64 (C64) a tourné à l'affrontement.
RDC : la C64 maintient la pression sur Kinshasa selon Christian Moleka
Si l'opposition dénonce une répression brutale des forces de l'ordre, Kinshasa réfute catégoriquement cette version. Pour le politologue Christian Moleka, ce sit-in envoie néanmoins un signal fort aux autorités d'autant plus qu'il intervient après la journée ville morte du 3 juin.
Kinshasa a à un moment donné sous-estimé l'opposition, la supposition interne a beaucoup priorisé l'agression à la 123 en pensant qu'à l'intérieur il n'avait pas une force capable de contrer son projet, là je pense qu'au niveau stratégie qu'ils sont en train de revoir leur posture et donc tant que l'opposition continuera à monter en puissance et à constituer un bloc solide à l'interne, je pense que ça va pousser Kinshasa à revoir plus ou moins sa stratégie qui au départ s'appuyait. Sur le constat que l'opposition était divisée, fragile et qu'il y avait une forme de boulevard à l'interne pour faire passer le projet, explique Christian Moleka, politologue.
Martin Fayulu apparait désormais comme le fer de lance de la lutte contre le changement de constitution. Pour l'analyste, le pouvoir évoque déjà une collusion entre l'opposant et le clan de l'ex-président Joseph Kabila. Et donc, aujourd'hui, dans les narratives du pouvoir, on tente de construire un lien entre Martin Fayulu et le camp Kabila, notamment des liens financiers. Et donc si cette théorique se consolidait et est prouvée, ça peut justifier qu'il soit lui aussi demain comme les autres liés à l'agression et à la rébellion. Le narratif, c'est également de dire que le mouvement A Kinshasa est une forme de tête des ponts de l'instabilité de l'Est qui a été amené à Kinshasa
Trois jours seulement avant ce sit-in, l(assemblée a largement adopté la loi référendaire, nouvelle étape décisive sur la voie d'une révision constitutionnelle qui pourrait ouvrir la porte à un troisième mandat de Félix Tshisekedi. le texte est à l'étude au sénat.