Au Sénégal, le président de l’Assemblée nationale, El Malick Ndiaye, a annoncé dimanche 24 mai sa démission, deux jours seulement après le limogeage du Premier ministre Ousmane Sonko par le président Bassirou Diomaye Faye.
Sénégal : la démission du président de l’Assemblée ouvre la voie à Sonko
Dans un message publié sur Facebook, El Malick Ndiaye a expliqué que sa décision relevait d’« un choix personnel », inspiré par « l’intérêt supérieur de la Nation » et sa conception des institutions, sans fournir davantage de précisions. Cette démission, dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions au sommet de l’exécutif, ouvre cependant un scénario politique majeur : l’accession possible d’Ousmane Sonko au perchoir de l’Assemblée nationale.
Figure centrale du Pastef et artisan de la victoire électorale de 2024, Ousmane Sonko pourrait ainsi devenir le deuxième personnage de l’État. Le parti présidentiel dispose en effet d’une majorité écrasante au Parlement, avec 130 sièges sur 165 remportés lors des législatives de novembre 2024.
Les députés sont convoqués en séance plénière mardi matin afin de statuer sur la réintégration parlementaire de l’ancien Premier ministre, préalable indispensable à une éventuelle candidature à la présidence de l’Assemblée. Ils devront également élire le successeur d’El Malick Ndiaye.
Cette séquence marque une nouvelle étape dans la rupture progressive entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, longtemps alliés politiques et compagnons de lutte. Arrivés ensemble au pouvoir en avril 2024 sur la promesse d’une profonde refondation politique et d’une lutte renforcée contre la corruption, les deux hommes affichaient depuis plusieurs mois des divergences de plus en plus visibles.
Avant son éviction, Ousmane Sonko avait publiquement reproché au chef de l’État un « défaut de leadership » et son absence de soutien face à ses détracteurs. Son renvoi est intervenu quelques heures après des déclarations virulentes contre ce qu’il qualifiait de pressions occidentales visant à « imposer » l’homosexualité aux pays africains, à la suite du durcissement de la législation sénégalaise sur les relations entre personnes de même sexe.