Alors que l’Organisation mondiale de la santé alerte sur un risque élevé de propagation de l’épidémie d’Maladie à virus Ebola en Afrique centrale, les rebelles du M23 se veulent rassurantes. Selon leur porte-parole, Lawrence Kanyuka, la situation sanitaire reste sous contrôle à Goma.
Ebola à Goma : l'AFC/M23 minimise l’ampleur de la menace
Mardi, les rebelles de l’Alliance Fleuve Congo-M23 (AFC-M23) ont accueilli une délégation de l’OMS dans un centre de traitement situé à Nyiragongo, ainsi que dans un laboratoire chargé d’analyser les échantillons suspects.
Lawrence Kanyuka a tenu à minimiser l’ampleur de la menace : aujourd’hui, nous avons analysé au total 27 échantillons, qui se sont tous révélés négatifs. À ce jour, nous n’avons recensé qu’un seul cas d’Ebola dans les zones libérées, notamment à Goma et dans d’autres régions de l’est du Congo sous le contrôle du M23. Ce centre majeur fonctionne 24 heures sur 24 et a la capacité de traiter des échantillons provenant de plus de cinq provinces.
Mais la situation demeure préoccupante. De nombreux cas probables sont signalés dans des provinces reculées, difficilement accessibles par la route et toujours en proie aux violences de groupes armés. Jusqu’à présent, 51 cas d’Ebola ont été confirmés en République démocratique du Congo, principalement dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu. L’OMS poursuit actuellement ses recherches pour identifier des vaccins et traitements efficaces contre le variant Bundibugyo, responsable de cette nouvelle flambée épidémique.
Dans un contexte déjà marqué par l’insécurité, les difficultés économiques et les pénuries, les habitants de Goma redoutent qu’une nouvelle crise sanitaire ne vienne aggraver davantage leur quotidien. Innocent Bonane, habitant de Goma, exprime son inquiétude : au milieu des difficultés auxquelles nous sommes déjà confrontés, les familles souffrent énormément à cause de cette épidémie. Nous devons déjà faire face aux problèmes causés par la guerre, et maintenant le virus Ebola nous cause encore plus de souffrances. C’est pourquoi je demande aux autorités de nous aider à trouver un moyen de mettre fin à ce virus Ebola.
Selon l’OMS, l’épidémie aurait déjà causé au moins 139 décès parmi près de 600 cas suspects. Elle s’est déclarée fin avril dans un centre de soins de Bunia, en Ituri. À Goma, ville de plus de deux millions d’habitants passée sous le contrôle du M23 depuis janvier 2025, les autorités congolaises craignent désormais une hausse des contaminations. La ville reste difficile d’accès : l’aéroport international est fermé, tout comme la frontière avec le Rwanda, compliquant davantage la réponse sanitaire et humanitaire.