Soudan : l'île de Tuti tourne la page du siège des paramilitaires

Des musulmans soufis sortent de la mosquée Sheikh GaribAllah, à Omdurman, dans la banlieue de Khartoum, au Soudan, le 24 avril 2026.   -  
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La vie reprend progressivement à la normale, à Tuti, cette île soudanaise a été assiégée de juin 2023 à mars 2025 par les paramilitaires. 

Les hommes du général Daglo y ont régné sans foi ni loi. Obligeant ses 30 000 habitants à quitter la localité. Ils sont de retour au bercail après la reprise de Khartoum par l'armée. 

Les magasins ont rouvert, même si les insulaires sont marqués par ces jours passés dans une prison à ciel ouvert. 

''Dieu merci, nous sommes de retour chez nous après tant d'épuisement et de souffrances. Nous avons souffert des loyers, de la hausse des prix et de bien d'autres choses, mais Dieu merci, nous sommes de retour chez nous, en sécurité, auprès de notre famille.'', raconte Nosayba Saad, Soudanaise résidant sur l'île de Tuti.

Pendant près de deux ans, Al-Shubbak a assisté au drame qui se déroulait. Elle a choisi la carte de la résistance, refusant de quitter sa terre. 

''Je ne suis pas partie, c'est mon pays (mon village), et je ne le quitterai pas. Ma famille n’est pas partie non plus pendant la guerre contre les Britanniques, ils leur ont résisté avec des pierres et n’ont pas abandonné leurs maisons. Moi aussi, je suis restée dans mon pays et je ne suis pas partie.'', raconte Al-Shubbak, résidente soudanaise vivant sur l'île de Tuti.

 Elle savoure sa résilience alors que, les villageois ont repris les rassemblements devant l’ancienne mosquée en briques rouges, où une plaque rouillée indique ''fondée en 1480''. Tuti renait de ses cendres, ses habitants peinent à croire. 

 ''C'est un sentiment indescriptible. Nous n'arrivons pas à croire que nous avons surmonté les souffrances et la vie que nous menions. Dieu merci, comme vous pouvez le voir, la situation est bonne.'', apprécie Salaheldin Abdelqader, résident soudanais vivant sur l'île de Tuti.

Les agriculteurs sont revenus sur leurs terres, qui fournissaient autrefois une grande partie des produits frais de Khartoum grâce à leurs vergers et leurs champs de légumes.

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