La Haute Cour de Pretoria a acté un compromis procédural dans le dossier extrêmement sensible relatif à la dépouille de l’ancien président zambien Edgar Lungu, décédé en Afrique du Sud il y a plus de dix mois sans avoir été inhumé.
Pretoria : accord provisoire sur la dépouille d’Edgar Lungu
L’accord, conclu entre le gouvernement zambien et la famille, prévoit que le corps soit désormais placé sous la garde de la morgue AVBOB à Pretoria East, en attendant l’issue de la procédure devant la Cour suprême d’appel.
Selon les termes de l’ordonnance de consentement, le transfert devait initialement intervenir immédiatement depuis la maison funéraire B3 Undertakers. Toutefois, à la demande de la famille représentée par le cabinet Mashele and Company et son avocat et porte-parole Makebi Zulu, le déplacement a été reporté au lundi 4 mai 2026 afin de permettre la présence des proches.
Le juge Piet van Niekerk, président de l’audience, a salué l’accord entre les parties, estimant qu’il n’était pas dans leur intérêt de poursuivre la judiciarisation du litige dans l’attente de l’appel.
Le gouvernement zambien prend en charge l’ensemble des frais liés à la conservation de la dépouille à AVBOB, établissement situé à Pretoria East, tandis que la famille conserve un droit d’accès encadré, toute tierce visite nécessitant une autorisation judiciaire préalable. L’arrangement reste strictement provisoire et dépend de l’issue de l’appel en cours.
Ce compromis intervient après plusieurs semaines de tensions judiciaires marquées par des décisions contradictoires sur la garde du corps. La famille avait obtenu le retour temporaire de la dépouille après une première tentative des autorités zambiennes de la transférer pour rapatriement, avant qu’un nouveau contentieux ne soit porté devant les juridictions sud-africaines.
Dans ses déclarations, l’avocat Makebi Zulu a dénoncé un processus « douloureux » pour la famille, évoquant notamment un post-mortem réalisé sans consentement ni présence de proches, ainsi que des déplacements du corps qu’il juge irréguliers. De leur côté, les autorités de Lusaka maintiennent leur volonté de rapatrier et d’inhumer l’ancien chef de l’État en Zambie, conformément à une ordonnance judiciaire toujours en vigueur mais contestée.
Devant le tribunal, la tension a également été perceptible en marge de l’audience, avec la présence de manifestants réclamant le retour de la dépouille dans le pays. En dépit de l’accord temporaire, le litige reste donc entier, la question centrale du lieu de sépulture devant être tranchée par la Cour suprême dans les prochaines semaines.