Dans plusieurs villes d’Espagne, le lancement du dispositif de régularisation accélérée a provoqué un afflux important de candidats dès les premières heures.
Espagne : lancement du dispositif de régularisation des migrants
Portée par le gouvernement, cette mesure exceptionnelle vise à permettre à des personnes en situation irrégulière, mais installées dans le pays, d’obtenir un titre de séjour et un permis de travail d’un an, sous réserve de certaines conditions de résidence et de présence sur le territoire.
Les démarches, ouvertes en ligne depuis jeudi et accessibles en présentiel à partir du 20 avril, doivent se poursuivre jusqu’au 30 juin. Les candidats doivent notamment prouver une présence sur le territoire avant le 1er janvier et justifier d’au moins cinq mois de résidence effective.
Dans ce contexte, les administrations locales ont rapidement été confrontées à un afflux de demandes. À Barcelone comme à Madrid, de longues files d’attente se sont formées devant les guichets chargés de délivrer certificats de résidence ou de valider des documents nécessaires à la constitution des dossiers. Plusieurs usagers ont également cherché à obtenir des attestations de vulnérabilité ou à faire authentifier des titres de transport, utilisés comme preuves de séjour.
Les délais et la complexité des procédures ont suscité frustration et inquiétude chez de nombreux candidats, certains repartant sans pouvoir finaliser leurs démarches en raison de dysfonctionnements ou de saturation des services.
Parmi eux, Mourad El-Shaky, un migrant marocain, a exprimé ses difficultés face à la lourdeur administrative du processus : « On a vraiment du mal à constituer nos dossiers ; c’est compliqué il faut fournir beaucoup de documents » « Bien sûr, cela va résoudre beaucoup de choses, car sans papiers c’est comme avoir des ailes sans pouvoir décoller ,c’est comme être un oiseau aux ailes brisées.»
Dans le même temps, d’autres saluent une opportunité jugée décisive. Katherine Marquez, migrante hondurienne, souligne l’importance du dispositif pour des personnes confrontées à la précarité : « Je suis reconnaissante c’est une formidable opportunité pour nous. Certaines personnes vivent des situations très difficiles. Il y en a qui se retrouvent même à la rue, sans logement, sans famille, sans amis. Nous devons tous être reconnaissants.»
Cette mesure, défendue par le chef du gouvernement Pedro Sánchez, s’inscrit dans une approche distincte de celle observée dans plusieurs pays européens, où les politiques migratoires tendent à se durcir. Elle intervient dans un contexte de débat politique nourri en Espagne, notamment au sein de l’opposition conservatrice.
Alors que des centaines de milliers de personnes pourraient être concernées, les autorités disposent désormais de quelques semaines pour traiter un volume de demandes particulièrement élevé, dans un dispositif déjà mis à l’épreuve dès son lancement.