Sur les plages immaculées du parc national de Pongara, près de Libreville, les conditions semblent idéales pour la nidification : climat équatorial, sable fin et pente douce vers la mer.
Au Gabon, les chances de survie des tortues marines s'amenuisent
Pourtant, les nids sont menacés par l'érosion côtière, les prédateurs naturels (crabes, oiseaux) et les activités humaines. "Les chances de survie sont infimes" , rappelle François Boussamba, expert en tortues marines. Quatre espèces – la verte, l'olivâtre, l'imbriquée et la luth – viennent y pondre entre octobre et avril, faisant du Gabon le premier site mondial pour la tortue luth, classé en danger par l'UICN.
Depuis 2013, les efforts de conservation bénéficiaient de financements américains, mais leur suspension a fortement ralenti les actions sur le terrain. "Il y aura moins de personnel, moins de données" , regrette Edouard Moussavou, directeur adjoint du parc. Pire encore : les 580 éco-gardes, essentielles à la protection des tortues, peinent à recevoir leurs salaires. "Même quand les fonds sont disponibles, il faut se battre pour être payé" , confie Sosthène Ndong Engonga, secrétaire général du syndicat des éco-gardes.
Malgré ces difficultés, des bénévoles comme Clémence patrouillent chaque matin pour vérifier les nids. "Les bébés tortues doivent renforcer leurs muscles avant d'affronter l'océan" , explique-t-elle. Alain Banguiya, éco-garde depuis 2015, continue ses rondes nocturnes malgré deux mois de salaire impayé : "On a le devoir de se battre jusqu'au bout. Malgré tout, on reste mobilisés pour la conservation."