Congo-Brazzaville se rend aux urnes ce week-end, et le président de 82 ans, Denis Sassou Nguesso, semble prêt à prolonger son règne de plusieurs décennies.
Derniers jours de campagne pour la présidentielle au Congo
Du pétrole à la forêt tropicale, voici cinq points à connaître sur ce pays d’Afrique centrale :
Économie pétrolière
Troisième producteur de pétrole en Afrique subsaharienne, le Congo-Brazzaville a commencé à produire du gaz naturel liquéfié (GNL) en 2024, principalement destiné à l’exportation.
Début 2025, le gouvernement a fixé l’objectif d’atteindre une production de 500 000 barils de pétrole par jour dans les trois ans.
Le secteur pétrolier représente la moitié du PIB et 80 % des exportations, selon la Banque mondiale.
Pourtant, environ la moitié des six millions d’habitants du pays vit sous le seuil de pauvreté.
Liens avec la Russie
Depuis son indépendance de la France en 1960, le Congo-Brazzaville a connu une succession de coups d’État, putschs et insurrections.
Un coup d’État en 1969 a instauré la République populaire du Congo — un État à parti unique marxiste-léniniste aligné sur le bloc soviétique sous le Parti congolais du travail — qui a duré jusqu’en 1992.
Après la chute de l’URSS, le pays a introduit le multipartisme et repris son nom officiel de République du Congo.
Il maintient toujours des liens étroits avec la Russie, initialement centrés sur la coopération militaire et éducative, mais désormais élargis à de nouveaux secteurs comme l’énergie, avec des projets tels qu’un oléoduc reliant la côte atlantique au nord du pays.
Bien que l’influence économique de la France ait diminué ces dernières années, elle reste l’un des principaux investisseurs étrangers au Congo, aux côtés de la Chine.
Densité de population
Le Congo-Brazzaville est l’un des pays les moins densément peuplés d’Afrique. Plus de la moitié de la population vit dans les deux principales villes : Brazzaville et Pointe-Noire.
La population est très jeune, près de la moitié ayant moins de 18 ans.
Environ 67 % des habitants des zones urbaines ont accès à l’électricité, contre un peu plus de 12 % dans les zones rurales, selon la Banque mondiale.
Agriculture émergente
Le pays dispose d’environ 10 millions d’hectares de terres arables, mais seule une petite partie est cultivée, principalement pour l’agriculture vivrière à faible rendement.
Le sucre est l’un des rares produits pour lesquels le pays est autosuffisant.
En conséquence, le Congo importe une grande partie de sa nourriture, exposant les ménages aux fluctuations des prix mondiaux, des coûts de transport et des taux de change.
Les autorités souhaitent développer la production de manioc, maïs, sorgho et soja, ainsi que les pêcheries et l’élevage de volailles, pour diversifier l’économie et réduire la dépendance aux revenus pétroliers.
Vaste forêt tropicale
Le bassin du Congo — couvrant le Congo-Brazzaville et cinq pays voisins — abrite la deuxième plus grande forêt tropicale du monde après l’Amazonie.
Elle joue un rôle clé dans la régulation du climat mondial.
Mais elle est menacée, avertissent les experts.
La déforestation dans le bassin a presque doublé entre 2010 et 2020 par rapport à la décennie précédente, principalement en raison de l’expansion agricole et du développement des infrastructures.
La région est l’une des plus riches en biodiversité au monde.
Le parc national de Nouabalé-Ndoki est un site du patrimoine mondial de l’UNESCO et abrite une faune et une flore riches, dont des populations importantes d’éléphants de forêt, de gorilles et de chimpanzés des plaines en danger.